Biathlon : "Les résultats de l'ensemble de ces Mondiaux sont positifs", analyse Martin Fourcade

Martin Fourcade dans les Alpes italiennes le 22 février 2020. 
Martin Fourcade dans les Alpes italiennes le 22 février 2020.  (MARCO BERTORELLO / AFP)

Sa 7e place à la mass start lui "une petite frustration parce qu'il y avait la possibilité de faire bien mieux", a reconnu Martin Fourcade.

"Les résultats de l'ensemble de ces Mondiaux sont positifs", a analysé dimanche 23 février sur franceinfo Martin Fourcade, après l'épreuve de la mass start en Italie où le Français a fini à la 7e place lors des Mondiaux de biathlon. Interrogé sur son éventuelle retraite, Martin Fourcade a indiqué qu'il ne "souhaitait pas prendre de décision aujourd'hui". "J'ai vraiment envie de repousser ce moment de ma vie, j'ai envie d'avoir toute mon énergie, tout mon esprit concentrés sur le duel à venir avec Johannes Boe sur la fin de saison", a confié Martin Fourcade.

franceinfo : Comment avez-vous abordé cette épreuve de la mass start ?

Martin Fourcade : Quand on est sportif de haut niveau, on cherche toujours la perfection ou on essaye de s'en rapprocher. Forcément cette dernière course d'un point de vue général de la Coupe du monde apporte une petite frustration parce qu'il y avait la possibilité de faire bien mieux que ce que j'ai fait aujourd'hui. Je suis frustré de laisser quelques points en route. Mais si je regarde les résultats de l'ensemble de ces Mondiaux, forcément ils sont positifs.

Est-ce que vous avez réussi à comprendre votre traversée du désert la saison passée. L'avez-vous analysée ?

Je l'ai tellement pensée tout l'hiver dernier que ça a été vraiment compliqué de trouver les raisons. Parfois on a du mal à comprendre et analyser. Je crois que le mot surmenage, car le mot burn-out est un peu fort, en tout cas la fatigue, correspond à la situation. Je suis persuadé que le mental peut faire des miracles, peut bien souvent faire oublier les douleurs du corps sur la piste. L'an dernier, il n'y avait plus l'énergie pour alimenter ce mental. C'est ce qui était compliqué à comprendre pour moi et c'est ce que je suis content d'avoir retrouvé cette année, même si je pense que c'est encore perfectible.

Vous avez douté de ne jamais revenir à votre niveau habituel ?

Bien sûr parce que j'ai essayé de revenir à mon niveau toute la saison dernière en vain. Je me suis remis en question plusieurs fois. J'ai tenté une impasse juste avant les championnats du monde. J'ai arrêté dans un état de fatigue extrême, en fin de saison extrêmement déçu, extrêmement frustré et très inquiet sur ma capacité à pouvoir rebondir. Les questions que tout le monde se posent, je me les suis posées aussi. Est-ce que je suis trop vieux ? Est-ce que j'ai fait mon temps ? Est-ce qu'il faut que je passe à autre chose. Ça m'a énormément pris la tête. En plus je suis un athlète qui a du mal à laisser ça de côté, à partir en vacances. Ce n'est pas ma façon de fonctionner. Je suis quelqu'un d'entier avec mon sport et ma discipline. C'est quelque chose qui m'anime la nuit et pendant les vacances.

Qu'est-ce qui vous a permis de rebondir de rallumer l'étincelle ?

Ça a été progressif, j'ai essayé de me faire confiance. J'ai pris le temps de me reposer, je ne l'ai sans doute pas fait autant que je l'aurais souhaité mais c'était ma volonté de prendre le temps de souffler un grand coup pour repartir à l'entraînement, avec des objectifs qui se veulent élevés, mais aussi dans l'incertitude de l'endroit où je mettrais les pieds. C'était une situation un peu nouvelle un peu étrange jusqu'à la première course de la saison qui a été vraiment une délivrance pour moi. J'ai senti que j'avais le niveau pour rejouer devant et me faire plaisir et jouer les victoires.

C'est ce qui explique qu'aujourd'hui, on vous voit pleurer plus facilement ?

Je pense que ça fait partie du processus. La saison dernière m'a tellement marqué, m'a tellement fait du mal émotionnellement, elle était tellement difficile, que forcément aujourd'hui, quand je regarde une compétition, je la regarde avec le spectre de la dernière saison. Je crois que ça aide à ouvrir les sentiments. Mais il y a aussi les émotions vécues en équipe, il y a ce titre mondial, 19 ans après, deux décennies après avoir regardé nos prédécesseurs s'illustrer en 2001. Ce sont des petites choses qui font que les émotions sont un peu plus présentes que d'habitude.

On parle beaucoup de la réforme des retraites en ce moment. La retraite de Martin Fourcade c'est pour quand ?

A aucun moment je n'ai fait rentrer la réforme des retraites dans ma réflexion, je devrais peut-être aussi l'intégrer. C'est compliqué mais vous dire que c'est une réflexion que je ne mène pas, ça serait mentir. Je ne peux pas prendre de décision aujourd'hui. Je ne souhaite pas prendre de décision aujourd'hui. J'ai vraiment envie de repousser ce moment de ma vie, où je devrais faire le choix de savoir si je continue pour un dernier défi olympique. Quelle que soit ma décision, ce sera une décision difficile à prendre. J'ai envie d'avoir toute mon énergie tout mon esprit concentrés sur le duel à venir avec Johannes Boe sur la fin de saison.

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