Biathlon : "Je n'ai pas commencé le sport pour entrer dans les livres d'histoire et pour battre les records", a confié Martin Fourcade après son onzième titre individuel

Martin Fourcade après sa victoire aux championnats du monde à Anterselva, en Italie, le 19 février 2020.
Martin Fourcade après sa victoire aux championnats du monde à Anterselva, en Italie, le 19 février 2020. (ANDREA SOLERO / MAXPPP)

Martin Fourcade a remporté son 11e titre mondial mercredi dans l'épreuve de l'individuel en biathlon. "C'est vraiment immense pour moi", a réagi le champion du monde.

"Je n'ai pas commencé le sport pour entrer dans les livres d'histoire et pour battre les records", a expliqué, mercredi 19 février sur franceinfo Martin Fourcade, après son nouveau titre de champion du monde dans l'épreuve de l'individuel en biathlon à Antholz en Italie. Le Français égale la légende norvégienne, Ole-Einar Bjoerndalen, en remportant son onzième titre mondial individuel. "J'ai fait ça pour m'épanouir, pour me réaliser, pour passer du bon temps", a-t-il ajouté. "J''avais envie de me prouver à moi-même que j'étais encore capable d'être champion du monde à 31 ans. La saison dernière a été vraiment très difficile pour moi", a confié Martin Fourcade.

franceinfo : Qu'est-ce qui vous a motivé pour gagner ce nouveau titre de champion du monde ?

Martin Fourcade : J'avais envie de me prouver à moi-même que j'étais encore capable d'être champion du monde à 31 ans. La saison dernière a été vraiment très difficile pour moi, j'ai beaucoup souffert, ça a été très compliqué. Le fait de revivre ces émotions après avoir connu cela, c'est vraiment immense pour moi. J'ai fait un sport individuel surtout pour vivre des émotions individuelles. SI j'avais voulu un sport collectif je n'aurais pas choisi le biathlon, mais ces médailles, ces titres, c'est aussi le voyage qu'on vit avec cette équipe [de France]. Elle est une partie inhérente de ce que je vis. Sans ces personnes qui se tiennent à nos côtés, on n'est pas grand-chose. Cette force collective est remplie de tout ça.

Ça vous a traversé la tête de ne plus être capable d'être champion du monde ?

Clairement oui, toute la saison passée où je n'arrivais plus à retrouver mes repères où je n'arrivais plus à m'épanouir sur la piste. Ça a été un gros coup dur pour moi. Je me suis énormément remis en question. J'ai énormément douté. Cette victoire est remplie de ces doutes et de cette remise en question.

Qu'est-ce qui vous a permis de retrouver la confiance en vous et le goût de la victoire ?

Il y a déjà le repos. En dix ans, j'ai beaucoup demandé à mon corps, je l'ai peu écouté quand il me demandait de me reposer parce que j'avais envie de toujours plus, de toujours mieux. La saison dernière, c'est mon corps qui me demandait du repos, j'ai pris le temps de l'écouter. Ensuite, j'ai fait confiance aux personnes qui m'entourent à mon nouvel encadrement. J'ai changé d'entraîneur à la sortie de mes titres olympiques et forcément la saison passée, ça n'a pas marché comme on le souhaitait. Malgré cela, j'ai souhaité leur faire confiance parce que j'étais persuadé que ce n'était pas ça qui était en jeu, mais le fait d'avoir sur-sollicité mon organisme. La confiance que j'ai accordé à mon nouvel encadrement et que je me suis fait à moi ça m'a permis de rebondir.

Vous égalez le Norvégien Bjoerndalen, avec vos 11 titres, vous avez envie de le dépasser, ce dimanche notamment lors de la mass start ?

J'ai envie de profiter de toutes ces belles choses. Je n'ai pas commencé le sport pour entrer dans les livres d'histoire et pour battre les records, j'ai fait ça pour m'épanouir pour me réaliser, pour passer du bon temps. J'ai envie de profiter de ces sentiments-là plutôt que de penser à ce que je pourrais faire ou ne pas faire dimanche.

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