Eurobasket : pourquoi la France et l'Espagne se détestent

Boris Diaw fait faute sur Sergio Llull, lors de la demi-finale entre la France et l\'Espagne, lors de l\'Eurobasket, à Ljubljana (Slovénie), le 20 septembre 2013.
Boris Diaw fait faute sur Sergio Llull, lors de la demi-finale entre la France et l'Espagne, lors de l'Eurobasket, à Ljubljana (Slovénie), le 20 septembre 2013. (ANDREJ ISAKOVIC / AFP)

Les deux voisins européens cultivent une rivalité de longue date sur le parquet. Retour sur cet antagonisme avant la demi-finale de jeudi, à Villeneuve-d'Ascq.

Tony Parker et sa bande retrouvent leur ennemi intime. L'équipe de France est opposée, jeudi 17 septembre, en demi-finale de l'Eurobasket, à Villeneuve-d'Ascq (Nord), à l'Espagne de la star Pau Gasol. Un adversaire qu'elle connaît bien, à force de l'affronter dans les compétitions internationales. "France-Espagne, c'est devenu un classique", explique Tony Parker. Et si la rivalité entre les deux pays voisins est aussi présente sur la pelouse ou sur le tartan, elle est encore plus nourrie sur les parquets de basket. Voici pourquoi :

Parce que les Espagnols ont longtemps dominé les Bleus...

Le basket est un sport qui se joue à 5 contre 5 et à la fin, c'est l'Espagne qui gagne. Cette paraphrase de la célèbre maxime du footballeur Gary Lineker pourrait résumer les quelques années de disette vécues par Tony Parker et ses coéquipiers sous le maillot bleu. "L'Espagne nous a longtemps dominés", reconnaît le meneur tricolore, en préface de l'autobiographie de Florent Piétrus (Je n'ai jamais été petit, Editions du moment, 2014). Et d'admettre : "Sans cette belle génération espagnole, la France bénéficierait d'un palmarès plus étoffé."

A l'Eurobasket 2009, en finale de l'Euro 2011, lors des Jeux olympiques de Londres en 2012... A chaque fois, la France butte sur l'Espagne dans les matchs à élimination directe, tandis que le rival, de son côté, finit champion d'Europe ou vice-champion olympique. Une statistique : entre 2007 et 2013, les Français ont ainsi été battus dix fois sur onze. De quoi générer quelques frustrations chez les Bleus.

... mais les Français ont pris leur revanche ces deux dernières années

En 2013, en demi-finale de l'Eurobasket, les choses, inlassablement, semblaient se répéter pour les supporters tricolores. A la mi-temps, les Bleus étaient menés de 14 points. Avant que Tony Parker, dans les vestiaires, ne pousse une gueulante pour renverser la tendance en seconde période. Un moment immortalisé par l'émission "Intérieur Sport", diffusée sur Canal + (à 12'42" dans la vidéo) :

Champion d'Europe dans la foulée, la France a, l'année suivante, pourri l'été espagnol en allant battre la "Roja", chez elle, au Mondial 2014. Cet exploit a été d'autant plus retentissant que Tony Parker, 32 ans, avait fait l'impasse sur cette campagne pour s'économiser en vue de l'Euro. 

Jeudi, alors que la France joue à domicile, l'Espagne a l'occasion rêvée de prendre sa revanche et de doucher les espoirs des 27 000 spectateurs du stade Pierre-Mauroy. "On est venu pour battre la France chez elle", a ainsi lâché Pau Gasol après son quart contre la Grèce. "On sait qu'ils veulent notre peau. Il faudra être prêt", prévient Rudy Gobert.

Parce que, dans le passé, les coups bas ont plu entre les deux équipes

"Les France-Espagne ne sont jamais de tout repos", avoue Florent Piétrus. Il est vrai que les coups bas sont légions lors de ces confrontations disputées. Qu'ils soient tactiques ou physiques. Ainsi, lors des JO 2012, les Espagnols ont savamment calculé leur coup pour ne pas tomber dans la même partie de tableau que les Etats-Unis et leur "Dream Team". En perdant contre le Brésil en phase de poules, ils savaient qu'ils affronteraient les Bleus en quart. Malin, puisqu'ils les battent. Frustré, Nicolas Batum se rend coupable d'un vilain geste (un coup-de-poing dans les parties intimes) à la fin du match. Outch !

Un joueur, en particulier, cristallise les tensions entre les basketteurs des deux pays : l'ailier espagnol Rudy Fernandez. Le journal 20 Minutes le décrit comme "un vrai emmerdeur, vicieux, simulateur, provocateur, parfois violent". Comme en 2011, en finale de l'Eurobasket, quand il fait le "coup de la cravate" à Tony Parker, qui tombe lourdement au sol :

Le joueur du Real Madrid n'a pas son pareil pour faire sortir ses adversaires d'un match à force de grosses fautes ou même en faisant semblant d'être victime de fautes. Un remarquable acteur, qui forcément énerve son vis-à-vis. Dans 20 Minutes, Nicolas Batum, son ancien ami et coéquipier en NBA, explique que lui et Rudy Fernandez ne vont "pas jouer aux cartes ensemble non plus".

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