Sept choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur le rallye Dakar

Le motard polonais Kuba Przygonski lors de la deuxième étape du Dakar, entre San Luis et San Rafael, en Argentine, le 6 janvier 2014. 
Le motard polonais Kuba Przygonski lors de la deuxième étape du Dakar, entre San Luis et San Rafael, en Argentine, le 6 janvier 2014.  (FRANCK FIFE / AFP)

La position du Vatican sur la course, les menaces de tribus amérindiennes et la présence de "poireaux" dans ses rangs... La célèbre course peut encore révéler des surprises.

Le Dakar est un rallye automobile qui ne se déroule plus en Afrique, mais en Amérique du Sud, ça, vous le savez. La course a lieu du 5 au 18 janvier, comme d'habitude. C'est tout ? Si jamais vous êtes à court de petites anecdotes qui font le sel de la course et qui vous permettent de briller en société, cet article est pour vous.

1Sans les "poireaux", pas de course

On les surnommait dans les temps héroïques les "poireaux". Les pilotes amateurs ont hérité de ce sobriquet... car ils avaient une fâcheuse tendance à se planter dans le sable du Sahara. Aujourd'hui, il faudrait plutôt parler de poules aux œufs d'or pour l'organisation. Participer au Dakar coûte entre 15 000 et 40 000 euros. Les 712 participants (dont 90% sont des amateurs) représentent une part importante des recettes de la course, dont le budget demeure un secret.

2Accueillir le Dakar n'est pas gratuit

Tous les pays sud-américains situés sur le passage de la course doivent s'acquitter d'une participation aux frais (comptez 4 à 6 millions de dollars). Oui, comme pour vos boums de lycée. L'organisation de la course obtient aussi que le rallye soit déclaré "d'intérêt public" pour ne pas être embarrassé par des lois contraignantes. A noter que les pays africains ne payaient pas pareille dîme quand le Dakar se déroulait en Afrique, de 1979 à 2007. D'ailleurs, les retombées ne sont pas les mêmes d'un continent à l'autre : le Chili a claironné avoir reçu 100 millions de dollars de retombées en 2013, alors que le Sénégal avait estimé à 2 millions d'euros le manque à gagner lié à l'annulation de l'épreuve, en 2008, notent Les Echos.

3Les chefs d'Etat et le public s'y pressent

Le président bolivien, Evo Morales, a déjà fait part de son intention d'assister au passage de la course dans son pays, pour la première fois, le 13 janvier. L'année dernière, c'était le président péruvien, Ollenta Humala, qui inaugurait le village départ. Toujours en 2013, le président chilien, Sebastian Pinera, s'est chargé de remettre les trophées aux vainqueurs à l'arrivée de la course. Il faut dire que le Dakar draine des foules considérables en Amérique du Sud – les organisateurs estiment le chiffre à 4 millions de spectateurs. Très loin des bords de route clairsemés en Afrique. 

4Les archéologues y sont allergiques

Rien qu'au Chili, le Conseil des monuments nationaux estime à près de 200 le nombre de sites archéologiques ravagés par le passage de la course. Cela va du fossile de requin vieux de 18 millions d'années dans le désert à des peintures rupestres dans des grottes. Pourtant, l'organisation de la course assure demander l'aval des autorités avant de définir le parcours de l'épreuve : "Il faut trois ou quatre reconnaissances avant que le parcours soit validé par les Etats traversés en fonction des parcs, des zones protégées ou des zones archéologiques", explique David Castera, le directeur sportif de la course, au Courrier Picard. "A Pisco, on a dû éviter une plage où on peut voir des vertèbres de baleine, mais les Péruviens y passent tous les jours en 4×4", balaie Etienne Lavigne, le directeur de la course, dans Libération.

La voiture d\'Orlando Terranova lors de la première étape du Dakar, le 5 janvier, entre Rosario et San Luis, en Argentine. 
La voiture d'Orlando Terranova lors de la première étape du Dakar, le 5 janvier, entre Rosario et San Luis, en Argentine.  (FRANCOIS FLAMAND / DPPI MEDIAS / AFP)

5Des Indiens veulent le bloquer

Outre les archéologues, les Indiens de la tribu Aymara envisagent de bloquer la course. Motif : le défilé des concurrents dans leurs marais salants et leurs pâtures. Le gouvernement bolivien a décidé d'envoyer l'armée sécuriser la course. Le gouvernement... présidé par Evo Morales, lui-même membre de la tribu des Aymara ! 

6Le Vatican le conspue

L'Osservatore Romano, le journal publié par le service d'information officiel du Vatican, s'est fendu en 2007 d'un article sur la course, la qualifiant de "sanglante course d'irresponsables", rappelle ESPN (en anglais). On pouvait lire dans l'article que la course "montre l'indéniable violence qui suit chaque tentative d'exporter le modèle occidental à d'autres environnements et écosystèmes humains."

7Un pays a carrément dit "non" au Dakar

Exilé en Amérique du Sud, le Dakar s'est d'abord exclusivement déroulé en Argentine. Le Chili, le Pérou et la Bolivie ont suivi. Les organisateurs affirment avoir encore trois pays sur les rangs pour accueillir la course. Une chose est sûre : il ne s'agit pas de l'Equateur. Le pays a rejeté avec fracas la proposition d'ASO, au motif que "le pays ne bénéficiera en aucun cas du passage de la course". Le gouvernement équatorien justifie son refus sur les conclusions de l'ONG argentine Funam, qui dénonce le bilan environnemental du Dakar, grandement minimisé dans les études d'impact, selon elle.

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