Le Dakar en Arabie saoudite : cela a permis "d'accélérer l'ouverture du pays", affirment des organisateurs et des pilotes du rallye

L\'Allemand Paul Spierings, le 16 janvier 2020, lors du Paris Dakar (illustration).
L'Allemand Paul Spierings, le 16 janvier 2020, lors du Paris Dakar (illustration). (FRANCK FIFE / AFP)

Malgré les polémiques liées aux questions des droits de l'homme, le Dakar qui s'est déroulé cette année en Arabie saoudite a permis "d'accélérer l'ouverture du pays", selon des participants.

Ces dix dernières années, le rallye Dakar était devenu une vraie fête populaire en Amérique du Sud. De cette ambiance, on en était encore très loin en Arabie saoudite, vendredi 17 janvier, au pied du podium lors de la remise des récompenses.

Il y a surtout les mécaniciens, des écuries, des VIP, des expatriés et les représentants du royaume. Le peuple saoudien a été très accueillant, mais pas vraiment concerné, malgré des signes positifs constatés par le motard Sébastien Laguë : "Je crois que c'est une réelle opportunité pour que les Saoudiens s'aperçoivent ce qui se passe un peu ailleurs dans le monde", estime le Français.

L'Arabie saoudite veut "faire bien et faire mieux"

"Tous les gens qui viennent sur le bivouac se promènent", ajoute-il, précisant qu'"aucune femme n'est voilée". "On est à l'occidentale, assure Sébastien Laguë. Donc je pense que c'est un vrai signe qui montre que l'Arabie saoudite veut s'ouvrir au monde. C'est une volonté de leur part de vouloir faire bien et faire mieux."

Le pilote auto Stéphane Peterhansel parle lui aussi de progrès : "Ce n'est que le Dakar mais chaque petit pas en avant, pour ce pays, va faire du bien." Le troisième du Dakar 2020 pense que cela "peut, bien sûr, servir à l'ouverture" comme "à l'époque" où, selon lui, "il n'y avait pas beaucoup de liens entre l'Afrique et l'Europe. Le Dakar servait de pont entre les deux" continents.

Si on peut donner un coup de main pour donner une meilleure image de l'Arabie saoudite, ça serait parfaitStéphane Peterhanselà franceinfo

De son côté, l'organisateur du rallye Yann Le Moenner dit avoir "entendu toutes les critiques". "Ce que je peux vous dire, indique-t-il, c'est que nous sommes, sur le terrain du sport, des organisateurs responsables." Le directeur général d'ASO explique ainsi avoir "posé à [ses] interlocuteurs saoudiens toutes les questions pour s'assurer de pouvoir livrer un Dakar dans les meilleures conditions". "C'est ce que nous avons fait lorsque nous avons finalisé cet accord avec l'Arabie saoudite."

"Le sport et la jeunesse ont un rôle à jouer"

Selon Yann Le Moenner, l'objectif du prince Abdoul Aziz est "d'accueillir de grands événements internationaux pour montrer que [son] pays est en train de s'ouvrir et au travers de ces événements, accélérer l'ouverture." Conclusion après deux semaines de course ? "Je pense que c'est vraiment ce qui est en train de se passer. Tout est possible aujourd'hui : le sport et la jeunesse ont un rôle à jouer pour accélerer cette ouverture."

Mais le chemin à parcourir est encore long. Dans les prisons saoudiennes surpeuplées, on compte encore trente journalistes et blogueurs arrêtés en octobre 2018, ou encore neuf militants des droits des femmes. Le Dakar n'a pas été l'occasion de les libérer.

Le reportage de Guillaume Battin
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne