Entre Hollywood et la F1, une longue histoire d'amour

L\'acteur américain Leonardo DiCaprio, lors de l\'avant-première du film \"Le Loup de Wall Street\", à Paris, le 9 décembre 2013. 
L'acteur américain Leonardo DiCaprio, lors de l'avant-première du film "Le Loup de Wall Street", à Paris, le 9 décembre 2013.  ( JACKY NAEGELEN / REUTERS)

Dernier épisode d'une saga amoureuse entre le cinéma et le sport automobile, Leonardo DiCaprio vient d'investir dans une écurie de F1E, la F1 électrique.

Leonardo DiCaprio a investi une partie de sa fortune dans une écurie de Formula E, la petite sœur électrique de la Formule 1, lundi 9 décembre. Des monoplaces qui font des courses d'une heure à 220 km/h, en faisant le même bruit que votre vieille voiture télécommandée. "L'énergie propre est la clé pour le futur de notre planète", a tweeté l'acteur, qui milite depuis longtemps pour la protection de l'environnement. Le héros de Titanic rejoint la longue liste des acteurs qui se sont pris de passion pour le sport automobile, et la F1 en particulier.

Les acteurs, des mordus de la course...

Le calendrier des Grands Prix de la saison compte une vingtaine de courses chaque année, et à chaque fois, on croise des stars d'Hollywood dans le paddock. George Lucas chez Ferrari lors du Grand Prix de Monaco, Owen Wilson qui se promène dans le garage Caterham ou Matt LeBlanc – Joey dans Friends  qui explique sur NBC lors du Grand Prix des Etats-Unis, à Austin, en novembre, être fasciné par la discipline "parce que son père était mécanicien".

Parmi les stars hollywoodiennes mordues de sport mécanique, on trouve quelques pilotes émérites. Pour preuve, l'impressionnante démonstration de sang-froid de Tom Cruise au volant d'une Red Bull, la même voiture que Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre. Avec des pointes à 280 km/h, le héros de Mission : Impossible a bluffé son instructeur, David Coulthard, qui a couru 15 ans en F1.

Encore plus spectaculaire, la carrière de Paul Newman. Le héros de Luke la main froide commence sa carrière sur quatre roues à 47 ans, après avoir incarné un pilote dans un film. Il remporte sa dernière course, en endurance, en 2006 à 80 ans passés. Newman a comparé Hollywood et le monde de la course automobile dans une interview à Sports Illustrated, en 1980 : "Il y a probablement autant de taureaux dans le sport auto qu'à Hollywood. Mais la différence est que personne ne se prend au sérieux dans le sport auto. J'apprécie les gens du sport automobile bien plus que les gens d'Hollywood."

... et qui la mettent en scène

Dès 1955, Hollywood s'intéresse à la F1, pourtant confidentielle en Amérique. Au casting de The Racers (Le cercle infernal en version française), nul autre que Kirk Douglas, la star de l'époque. Le scénario est moins mémorable : Kirk Douglas est accidenté lors d'une course à cause du caniche d'une spectatrice, ballerine à la ville. Forcément, les deux tombent amoureux mais la jeune femme demande au pilote de choisir entre elle et son amour pour la course.

Le mètre-étalon du genre reste le film Grand Prix, de John Frankenheimer en 1966. Le tournage, pharaonique, se déroule sur plusieurs circuits légendaires (Monaco, Monza, Spa Francorchamps). Les circuits sont mis à disposition quelques heures avant le départ des vraies courses. Et les acteurs conduisent vraiment leur voiture sur la piste, à 180 km/h et sans ceinture de sécurité (rendue obligatoire quelques années après). La tête d'affiche, James Garner, célèbre pour son rôle dans La grande évasion, se découvre un vrai talent au volant. Il participera même à quelques courses d'IndyCar, le championnat de monoplaces nord-américain, après le tournage.

C'est l'âge d'or du sport automobile à l'écran. Steve McQueen, un passionné de mécanique, voit son projet Day of the champion remisé dans un carton à cause du film Grand Prix, sur le même sujet. Vexé, Steve McQueen ne parle plus à son ami James Garner, premier rôle de l'autre film, pendant deux ans. La Warner, qui avait acheté nombre de monoplaces pour le film avorté, les vend discrètement semaines plus tard. McQueen se console en tournant Le Mans, en 1971, sur ses propres deniers. Le film – splendide – se solde par un échec commercial, mais l'acteur tient sa revanche.

Sylvester Stallone a lui aussi voulu son film sur la F1. En 1997, il commence à fréquenter assidûment le paddock, rencontre des pilotes, des patrons d'écuries, pour écrire le scénario de son film. "Mon but était de comprendre ce qui se passait sous leur casque", explique-t-il à ESPN (en anglais). Reste un obstacle à franchir : Bernie Ecclestone. Aucun film ne se fait sans l'aval du grand argentier de la F1. Et Stallone échoue à le convaincre. Qu'à cela ne tienne : l'interprète de Rocky Balboa modifie légèrement le scénario, et transpose le tout dans le Champcar américain. Le film, baptisé Driven, fait un four au box-office aux Etats-Unis comme en France malgré la présence de Jean Alesi en guest-star.

Sylvester Stallone (en rouge) et Til Schweigen dans le film \"Driven\", de Renny Harlin. 
Sylvester Stallone (en rouge) et Til Schweigen dans le film "Driven", de Renny Harlin.  (WARNER BROS)

Depuis, Hollywood a retenu la leçon. Le projet d'Antonio Banderas pour incarner Ayrton Senna est passé à la trappe. Le récent film Rush, qui évoque l'incroyable rivalité en Niki Lauda et James Hunt lors de la saison 1976, a été financé à 100% par des capitaux européens. Et Tom Cruise, qui voulait faire un film sur le sport automobile, a choisi une histoire qui parle au public américain : l'exploit de Carroll Shelby, l'homme qui a réussi à briser l'hégémonie de Ferrari aux 24 heures du Mans avec Ford, en 1966. 

Dernier lien entre Hollywood et la F1 : le comité d'organisation du Grand Prix des Etats-Unis a publié une impressionnante liste de personnalités assistant à la course. Mais beaucoup d'entre elles n'étaient pas là par amour de la course. Un service de conciergerie proposait par exemple de dîner avec Val Kilmer le week-end du Grand Prix, moyennant finances, évidemment. 

Vous êtes à nouveau en ligne