Eclaboussé par la suspension de son entraîneur maison, Nike assure ne pas avoir "dopé systématiquement" ses athlètes

Le PDG de Nike, Mark Parker, le 16 mars 2016 lors d\'un événement organisé par la marque à New York (Etats-Unis).
Le PDG de Nike, Mark Parker, le 16 mars 2016 lors d'un événement organisé par la marque à New York (Etats-Unis). (JEWEL SAMAD / AFP)

L'Agence américaine antidopage (Usada) a suspendu dans la nuit de lundi à mardi pour "organisation et incitation à une conduite dopante interdite" Alberto Salazar, célèbre entraîneur d'athlétisme américain lié à la marque.

"Cette idée me rend malade." Dans la tourmente après la suspension pour quatre ans de son entraîneur d'athlétisme maison, Alberto Salazar, pour infraction aux règlements sur le dopage, le PDG de Nike, Mark Parker, a affirmé que l'équipementier sportif américain n'avait jamais fait de démarche pour "doper systématiquement" les coureurs. Une déclaration effectuée dans un courrier interne adressé aux salariés, et obtenu mercredi 2 octobre par l'AFP.

L'Agence américaine antidopage (Usada) a suspendu dans la nuit de lundi à mardi pour "organisation et incitation à une conduite dopante interdite" le renommé entraîneur américain. Une décision qui a ébranlé Nike, car Alberto Salazar était le maître à penser de l'Oregon Project, un groupe d'entraînement de très haut niveau basé dans le nord-ouest des Etats-Unis et financé par l'équipementier.

Des conclusions "hautement trompeuses"

Plus embarrassant encore, l'enquête de l'Agence américaine antidopage menée durant six ans a également révélé qu'Alberto Salazar avait échangé directement avec Mark Parker au sujet de l'avancement de l'Oregon Project. Dans un courriel daté de 2011, l'entraîneur expliquait ainsi au dirigeant de la marque avoir injecté pour un test à l'un des entraîneurs de l'Oregon Project un litre d'un mélange d'acides aminés et de dextrose (glucose), une dose nettement supérieure aux règles de l'Agence mondiale antidopage.

"Nike n'a pas pris part à une quelconque initiative destinée à doper systématiquement les athlètes", a réagi Mark Parker dans le courrier adressé aux salariés du groupe. Penser le contraire est une "idée [qui] me rend malade", a ajouté le grand patron. 

Qualifiant les conclusions de l'Usada de "hautement trompeuses", Mark Parker affirme que Alberto Salazar "était inquiet que les athlètes Nike soient victimes de sabotage par quelqu'un qui leur appliquerait un gel de testostérone à leur insu". "En tant que coureur, j'étais horrifié et choqué que cela soit possible", ajoute le patron. Et de s'indigner : "Avoir mon nom et celui de Nike liés à ces fausses caractérisations irréfléchies [de l'Usada] est offensant."

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