Dopage dans l'athlétisme : 87 000 euros saisis chez le médecin français mis en examen

Une femme quitte les bâtiments du Comité olympique russe à Moscou (Russie) le 9 novembre 2015. 
Une femme quitte les bâtiments du Comité olympique russe à Moscou (Russie) le 9 novembre 2015.  (YURI KADOBNOV / AFP)

Gabriel Dollé a été mis en examen pour "corruption passive" dans l'affaire de dopage dans l'athlétisme. Ce médecin français est l'ancien responsable de la lutte antidopage au sein de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF).

Nouvelle révélation dans l'affaire de dopage au sein de l'athlétisme mondial. Selon L'Express, des policiers chargés d'enquêter sur l'affaire ont saisi 87 000 euros en liquide lors d'une perquisition menée début novembre au domicile du médecin français Gabriel Dollé, sur la Côte d'Azur. Il a été mis en examen pour "corruption passive" dans ce dossier géré par trois juges d'instruction parisiens, dont Renaud Van Ruymbeke.

Ce médecin a été responsable de la lutte antidopage au sein de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) jusqu'à la fin de l'année 2014. Il aurait perçu au moins 190 000 euros pour fermer les yeux sur certains cas de dopage scientifiquement établis. Lundi 9 novembre, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a dévoilé un rapport (en anglais) dans lequel elle demande que la Russie soit suspendue de toutes les compétitions en raison de multiples infractions.

Prudence de la Fédération

Selon les enquêteurs, Gabriel Dollé est au cœur de ce scandale qui implique aussi Lamine Diack, l'ancien président de l'IAAF, mis en examen pour "corruption passive et blanchiment aggravé" le 4 novembre. Une partie de l'argent détourné aurait pu servir au financement de campagnes électorales au Sénégal, rapporte L'Express.

La mise en cause de ce médecin a surpris plusieurs membres de son entourage. "Je suis tombé des nues lorsqu'il a été cité, raconte Pierre Weiss, ancien secrétaire général de l'IAAF, au Parisien. Je ne le vois que comme quelqu'un d'intègre, de chiant, de pointilleux. Pour lui, comme pour Lamine [Diack], je ne comprends pas." Contacté par Le Parisien, le président actuel de la Fédération française d'athlétisme, Bernard Amsalem, refuse de commenter l'implication du médecin : "Je suis attaché à la présomption d'innocence", a-t-il déclaré.