Athlétisme : les autorités russes derrière le scandale du dopage?

(Vladimir Poutine, joueur de hockey, dans un match de gala en mai dernier © REUTERS / Ria Novosti)

L'Agence mondiale antidopage, l'Ama recommande la suspension de la Fédération russe d'athlétisme qu'elle accuse d'avoir contourné les règles en matière de dopage. Des accusations "totalement dénuées de fondement" selon le porte-parole du Kremlin. Vladimir Poutine, qui a fait du sport un argument politique, n'a pas encore réagi.

On peut dire qu'en Russie, sport et politique font bon ménage. Et ça fait partie de la stratégie du Kremlin. Pas une seule manifestation sportive qui ne soit récupérée par Vladimir Poutine pour mettre en valeur la nation et faire vibrer la corde patriotique, que ce soit avec les championnats du monde d'athlétisme à Moscou en 2013, les JO d'hiver de Sotchi en 2014 ou le futur mondial de foot prévu en Russie en 2018.

Pour comprendre l'importance du sport en Russie, il n'y a qu'à voir la régularité avec laquelle Vladimir Poutine lui-même se met en scène : judo, hockey sur glace, peu importe du moment que l'exploit sportif est au rendez-vous. Et comme on l'a vu à Sotchi qui a littéralement explosé le budget russe pour accueillir les Jeux olympiques, on ne lésine pas sur les moyens. S'il y a bien un pays qui veut éviter à tout prix d'être mis à l'écart du sport mondial, c'est la Russie.

Derrière l'affaire, "peut-être pas Poutine personnellement"

"En Russie, comme en Union soviétique et c'est quelque chose qui n'a pas changé, l'Etat, pour des raisons idéologiques, peut être à l'origine de manœuvres absolument incroyables à nos yeux. Tout ce qui est manipulation chimique dans le corps c'est une spécialité soviétique" précise Michel Eltchaninoff, spécialiste de la Russie, auteur de Dans la tête de Vladimir Poutine. Et pour lui, "avec des enjeux aussi importants que des victoires symboliques en sport, l'Etat, peut-être pas Poutine personnellement, mais des officines liées à l'Etat peuvent tout à fait être responsables de manipulations à hauts niveaux".

"L'Etat, peut-être pas Poutine personnellement, mais des officines liées à l'Etat peuvent tout à fait être responsables de manipulations à hauts niveaux" (Michel Eltchaninoff avec Fabienne Sintès)
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