Pour François Fillon, il n'y a "pas de vote sans citoyenneté"

François Fillon au Sénat (8 décembre 2011)
François Fillon au Sénat (8 décembre 2011) (France 2)

Le Sénat débattait jeudi 8 décembre de la proposition de loi de gauche permettant aux étrangers non-citoyens de l'UE, résidant depuis plus de 5 ans en France, de voter aux municipales. Proposition qui n'a aucune chance d'être adoptée à l'Assemblée.

Le Sénat débattait jeudi 8 décembre de la proposition de loi de gauche permettant aux étrangers non-citoyens de l'UE, résidant depuis plus de 5 ans en France, de voter aux municipales. Proposition qui n'a aucune chance d'être adoptée à l'Assemblée.

La proposition de loi PS-EELV permettant aux étrangers non-citoyens de l'UE, résidant depuis plus de 5 ans en France, de voter aux municipales, était débattue jeudi 8 décembre au Sénat. Adoptée ou non par la chambre haute du Parlement, désormais de gauche, cette proposition de loi n'a aucune chance d'être votée par une Assemblée majoritairement de droite.

Le premier ministre François Fillon a ouvert le débat en expliquant pourquoi le gouvernement était opposé à cette proposition de loi. "Voter c'est participer à l'exercice de la souveraineté sociale. ..Il n'y a qu'un seul peuple, le peuple français", a-t-il dit. "Dissocier le droit de vote de la nationalité française", a-t-il ajouté, "c'est prendre le risque de communautariser le débat public"

Le chef du gouvernement a estimé que "cette proposition de loi" ne rendait "pas justice à ceux de nos compatriotes qui ont fait l'effort d'acquérir la nationalité française". Il a conclu :"pas de vote sans citoyenneté, pas de citoyenneté sans adhésion aux valeurs de la nation".

Un extrait du discours de François Fillon

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Esther Benbassa : "L'amour de la démocratie est celui de l'égalité"

"J'ai été moi-même une étrangère, une immigrée" et "je tiens pour un honneur" que la France "m'ait accueillie", a lancé la sénatrice EELV Esther Benbassa en défendant le texte de la gauche sur le vote des étrangers aux élections locales.

Elue sénatrice en septembre et novice en politique, l'universitaire née en Turquie, élevée en Israël avant d'arriver à 18 ans en France et qui possède la triple nationale franco-turque-israélienne, a déroulé un argumentaire détaillé en faveur de ce droit de vote aux municipales.

Elle a d'abord lu les déclarations passées en faveur de ce droit du président Nicolas Sarkozy, d'Eric Besson (Industrie), de l'ancien ministre Gilles de Robien, de l'ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin et de Brice Hortefeux, ex-ministre de l'Intérieur."Ce sont d'autres discours que nous entendons désormais", a-t-elle déploré.

Pour la sénatrice EELV, il faut accorder le droit de vote local aux étrangers non-communautaires pour une question "d'équité" par rapport aux membres de l'UE qui disposent de ce droit". Elle a conclu en citant Montesquieu : "L'amour de la démocratie est celui de l'égalité".

Le texte n'était pas encore voté jeudi en fin d'après-midi.