Les propos réitérés de Claude Guéant entretiennent la polémique

Claude Guéant fait campagne pour Nicolas Sarkozy, à Velaine-en-Haye (Meurthe-et-Moselle), le 2 mars 2012.
Claude Guéant fait campagne pour Nicolas Sarkozy, à Velaine-en-Haye (Meurthe-et-Moselle), le 2 mars 2012. (AFP - Sébastien Bozon)

Après un discours "musclé" ce week-end, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a de nouveau argumenté lundi 5 mars, sur les risques liés au droit des votes des étrangers. Et de nouveau les commentaires ont fleuri.

Après un discours "musclé" ce week-end, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a de nouveau argumenté lundi 5 mars, sur les risques liés au droit des votes des étrangers. Et de nouveau les commentaires ont fleuri.

A croire qu'il aime la polémique. Claude Guéant, qui s'était déjà distingué ce week-end avec ses propos sur le droit de vote aux étrangers qui pourrait "rendre obligatoire la nourriture halal" a réitéré, lundi matin, sur RTL.

Affirmant que l'islam n'était pour lui "pas du tout une obsession", le ministre de l'intérieur a ajouté mais "nous ne voulons pas que des menus qui correspondent à des préceptes religieux viennent à l'école".

Et dans la foulée, les réactions, à l'instar de celles du week-end, n'ont pas tardé.

Tollé à gauche

Bruno Le Roux, l'un des porte-parole du candidat socialiste, François Hollande n'a pas mâché ses mots, lundi matin. "Claude Guéant "est dans l'amalgame, dans l'outrance tout le temps. On ne sait plus s'il parle au nom de Nicolas Sarkozy alors qu'il est démenti par sa porte-parole (Nathalie Kosciusko-Morizet, ndlr)", a-t-il déclaré sur RFI.

"Il est le préposé à toutes les basses œuvres du sarkozysme". "Il a choisi de flirter avec les extrêmes. C'est une responsabilité grave qu'il fait porter à la République, avec la fonction qu'il occupe encore pour quelques semaines", a-t-il ajouté.

Claude Guéant "sait parfaitement que son discours est faux, fait de fantasmes et de confusions. Assimiler tous les étrangers à des revendications particularistes ou communautaires est indigne", avait déjà réagi le parti socialiste, samedi, dans un communiqué. Et d'ajouter : il "tente de masquer l'échec de la politique d'intégration menée depuis dix ans en renvoyant purement et simplement la responsabilité des problèmes supposés ou réels aux seuls étrangers".

Nathalie Arthaud était sur la même ligne, lundi. "Sarkozy a décidé à présent de relever les manches et d'aller aider son ministre de l'Intérieur à fouiller les poubelles du Front national", écrit la candidate de Lutte Ouvrière.

"Les propos de Guéant pour tenter laborieusement de relier le vote des étrangers à la viande halal sont aussi grotesques dans le fond qu'abjects dans l'intention" souligne t-elle sur le site de LO.

Soutien de Fillon

Si Nathalie Kosciusko-Morizet avait pris ses distances ce week-end avec M. Guéant, François Fillon a en revanche apporté son soutien au ministre de l'intérieur.

Rappelant qu'il avait défendu au Sénat la position du gouvernement contre le droit de vote des étrangers aux élections locales", voulu par les socialistes, le Premier ministre a expliqué : "Nous sommes contre la citoyenneté à plusieurs vitesses, nous sommes contre le communautarisme".

"Si on laisse s'installer un vote aux seules élections municipales, avec des citoyens à deux vitesses, qui repose sur l'expression de communautés (...), on verra ce communautarisme continuer de se développer", a-t-il ajouté au micro d'Europe 1.

Pour "un étranger qui veut s'intégrer dans notre pays, la meilleure façon de le faire c'est de devenir français tout simplement", a-t-il conclu.

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