VIDEO. "Redonner du pouvoir à ces femmes" : les collages pour dénoncer les féminicides se multiplient à Paris

Franceinfo s'est entretenu avec Eva-Luna Tholance, qui a rejoint l'action initiée par Marguerite Stern, militante féministe et ex-Femen.

"Papa, il a tué maman." "Nathalie, 53 ans, tuée par son ex. 44e féminicide." Des collages dénonçant les féminicides se multiplient dans les rues de Paris. Marguerite Stern, militante féministe et ancienne Femen, est à l'origine de cette action. Elle a été rejointe par quelque 80 personnes, comme Eva-Luna Tholance, journaliste de 22 ans. "J'étais juste enragée quand j'ai entendu qu'il y avait 100 femmes qui étaient mortes depuis début 2019. Et j'avais juste envie de faire quelque chose, raconte-t-elle à franceinfo. J'ai trouvé que reprendre la rue et rendre hommage à ces femmes, c'était la chose la plus concrète que je pouvais faire, estime-t-elle, tout en explicitant la symbolique de la démarche. Mettre les noms de ces femmes dans la rue, c'est leur redonner du pouvoir."

"On continuera tant qu'il le faudra"

Eva-Luna Tholance a déjà une expérience militante, mais ce n'est pas le cas de toutes les participantes. "Il y a des lycéennes qui viennent, il y a des femmes qui ont 30, 40, 50 ans qui viennent et qui n'ont jamais milité, détaille-t-elle. Même politiquement, on a des idées assez différentes, mais on est réuni autour de la cause des féminicides qui, pour le coup, rassemble assez facilement", remarque-t-elle.

La jeune femme a rejoint l'action de Marguerite Stern le 1er septembre et n'a pas arrêté depuis. Vendredi, elle rapporte que certaines personnes sont épuisées, mais que l'action va se poursuivre.

On continuera tant qu'il le faudra, tant qu'on aura l'énergie. Là, notre but, pour l'instant, c'est de coller le nom des 102 femmes qui ont été tuées depuis début 2019. C'est presque fini.

Eva-Luna Tholance, militante féministe

à franceinfo

"Mais il y a des personnes qui nous rejoignent tous les jours, qui sont prêtes à dévouer énormément de leur temps à l'action, affirme la militante. Tant qu'il y aura du monde pour coller et pour peindre, on continuera."

Sans compter que ces opérations de collage risquent d'arriver dans d'autres villes en France et à l'étranger. "C'était pas le but au début, mais je crois que tout ça est en train de prendre la forme d'un mouvement", a commenté Marguerite Stern sur Twitter.

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