VIDEO. "Mesure lunaire" vs "liberté de choix"… La PMA pour toutes, pour ou contre ?

BRUT

Brut a posé les mêmes questions à Caroline Mécary, avocate spécialisée dans le droit des homosexuels et Aude Mirkovic, juriste et porte-parole de l'association Juristes pour l'enfance, proche de la Manif pour Tous.

Les députés examinent, à partir de ce mardi 24 septembre, le projet de loi dit de bioéthique. Le texte envisage de nombreuses mesures, dont certaines font déjà l'objet d'un cuisant débat dans la société civile. À commencer par l'emblématique extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules.

Brut s'est intéressé à deux regards divergents sur le sujet : celui de Caroline Mécary, avocate spécialisée dans le droit des homosexuels et celui de Aude Mirkovic, juriste et porte-parole de l'association Juristes pour l'enfance.

Connue dans les milieux conservateurs pour son opposition au mariage pour tous et à la PMA, Aude Mirkovic dépeint une mesure "lunaire". Un propos fondé sur les difficultés financières et scolaires au sein des foyers monoparentaux, sur la solitude dans l'éducation ou encore sur un potentiel "épuisement de la mère". "La loi doit lutter contre la précarité et non pas la susciter", estime Aude Mirkovic.

Si sous prétexte que les Français peuvent aller à l'étranger faire quelque chose, alors il faut le légaliser en France, alors légalisons la vente d'armes, la vente de drogue.

Aude Mirkovic

à Brut.

À l'inverse, Caroline Mécary veut écarter tout déterminisme. Plus simplement, elle rappelle qu'une femme célibataire n'est pas vouée à le rester toute sa vie. Au même titre qu'un couple hétérosexuel n'est pas à l'abri de se séparer : "Nous savons très bien que les couples hétérosexuels se défont, en moyenne, au bout de 5 ans." L'hétérosexualité n'est donc, selon elle, "pas la garantie d'une famille ad vitam æternam."

Dans les familles hétérosexuelles, on a de très nombreux pères qui ne sont pas là, qui sont totalement absents.

Caroline Mécary

à Brut.

Si Aude Mirkovic affirme sans détour qu'imposer la monoparentalité à un enfant est contraire à la Convention internationale des droits de l'enfant, Caroline Mécary se veut plus mesurée : "La Convention internationale des droits de l'enfant dit simplement que dans la mesure du possible, l'enfant doit pouvoir être avec ses parents." Aussi, Aude Mirkovic appréhende les difficultés auxquelles un enfant issu d'une PMA devra faire face. "Ce n'est pas parce qu'on peut surmonter une difficulté, qu'il deviendrait légitime que la loi organise définitivement cette difficulté." De son côté, Caroline Mécary monte au créneau en rappelant que pléthore d'enfants ne voient jamais leur père.

La crainte d'un glissement vers la GPA

Enfin, l'anti-PMA redoute un "effet domino" et un glissement vers la légalisation de la gestation pour autrui (GPA) là où Caroline Mécary estime qu'il n'y a pas d'automaticité. À ce sujet, le gouvernement n'en démord pas et assure que cette GPA "demeurerait un interdit absolu en France".

Une vingtaine d'associations, dont La Manif pour tous, ont d'ores et déjà appelé à manifester le 6 octobre contre l'extension de la PMA.

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