Universités : des chercheurs dénoncent dans une tribune "l'ampleur" des violences sexistes et sexuelles

L\'université Pierre-et-Marie-Curie, le 15 octobre 2017 à Paris.
L'université Pierre-et-Marie-Curie, le 15 octobre 2017 à Paris. (BLANCHOT PHILIPPE / HEMIS.FR / AFP)

Un collectif de 500 chercheurs dépore que les procédures disciplinaires soient "encore trop rares" dans ce type de dossiers, dans un texte paru dans "Le Monde".

Un collectif de chercheurs a publié une tribune dans Le Monde, jeudi 23 mai, pour dénoncer des procédures disciplinaires "encore trop rares" au sein des universités face à "l'ampleur" des violences sexistes et sexuelles qui ont lieu, selon eux, au sein des établissements d'enseignement supérieur.

L'ouverture de procédures, laissée à la discrétion de la présidence des universités, est encore trop rare au regard de l'ampleur des phénomènes de violence.Les signataires de la tribunedans "Le Monde"

Ces chercheurs mettent en cause des "stratégies d'évitement" de la part des universités telles que des "réponses dilatoires", des "tergiversations" ou encore des "ouvertures d'enquêtes administratives internes au fonctionnement opaque" et des "accusations de diffamation" pour "refuser d'ouvrir ces procédures disciplinaires".

Certes, plusieurs universités ont sanctionné des agresseurs depuis octobre 2017, mais le collectif regrette que "les procédures fonctionnent structurellement en défaveur des victimes" souvent "considérées comme des témoins" et qui "ne peuvent pas faire appel des décisions".

Des moyens "limités" pour répondre au problème

Entre autres mesures, les signataires de la tribune réclament la mise en place de "vraies cellules de veille" sur le harcèlement sexuel au sein de chaque université. Leur nombre et les moyens humains et financiers qui leur sont alloués sont jugés trop "limités" à ce jour.

Les "cellules de veille", mises en place par le gouvernement depuis mars 2018 dans les établissements d'enseignement supérieur, peuvent être saisies en cas de harcèlement, bizutage, agressions sexuelles par les victimes ou des témoins, y compris indirects.

Le gouvernement a également annoncé l'an dernier la formation d'ici 2020 de 13 000 agents du personnel du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) sur les violences sexistes et sexuelles.

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