Une femme est tuée tous les deux jours en France par son conjoint ou son ex, selon un nouveau recensement

Le groupe Facebook \"Féminicides par compagnons ou ex\" dénonce les féminicides en France.
Le groupe Facebook "Féminicides par compagnons ou ex" dénonce les féminicides en France. (CAPTURE ECRAN FACEBOOK)

Vingt femmes ont été tuées depuis le 1er janvier en France, selon un recensement mené par un groupe de bénévoles. Un rythme qui s'accélère.

C'est une triste ritournelle reprise souvent dans les médias : en France, une femme est tuée tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Depuis le 1er janvier 2019, le rythme s'est accéléré et il faut plus exactement dire qu'une femme est tuée en France tous les deux jours par son conjoint ou ex-conjoint. Ces chiffres sont le fruit d'un recensement rigoureux mené par un groupe de bénévoles qui souhaite faire exister la mémoire de ces femmes sous ce slogan "Ne les oublions pas".

Vingt femmes ont été tuées en moins d'un mois et demi : le double de l'an passé à la même date. Elles s'appelaient Monica, Pascale, Séverine, Isabelle, Sylvie, Béatrice, pour n'en citer que quelques-unes, retrouvées mortes à Toulouse, Cannes, Cayenne ou Nantes notamment. La justice et donc la presse relaient-elles plus ces dernières semaines ces féminicides ? C'est l'une des pistes pour expliquer cette augmentation, mais les militantes féministes dénoncent aussi une mansuétude des tribunaux qui, selon elles, enverraient un message peu dissuasif aux hommes violents. Le groupe, baptisé sur Facebook "Féminicides par compagnons ou ex", a déjà relevé des accélérations du phénomène avant les fêtes ou en été, mais en début d'année, cela est moins habituel. Chaque victime est représentée par un point rouge sur une carte de l'Hexagone, avec, à chaque fois, quelques lignes pour raconter leur enfer et le chagrin ou la colère de leurs proches.

Quinze bénévoles épluchent la presse quotidiennement

Ce groupe qui compte plus de 7 000 abonnés vit grâce à quinze bénévoles : quatorze femmes et un homme, qui se relaient, chaque jour, pour éplucher sur internet la presse grâce à des alertes, éplucher notamment la presse quotidienne régionale afin de recenser ces féminicides. Une tâche éprouvante, menée déjà depuis trois ans par ces bénévoles issus de tous milieux, notamment du judiciaire ou du social. Ils souhaitent rester anonymes, car ils sont la cible de menaces régulières. Jusqu'à présent, leurs chiffres se sont révélés très proches des chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, qui publie lui ses données avec dix mois de décalage.

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