TEMOIGNAGE FRANCE 3. "Jusqu'où aurais-je été capable d'aller ?" : la lente prise de conscience d'un conjoint violent

Un homme au passé violent revient sur la période de sa vie où il frappait ses compagnes. Condamné, il dit avoir fait un long chemin.

Il lui a fallu du temps avant de prendre pleinement conscience de ses actes. Chef de projet dans une petite entreprise, Bruno ne laissait rien transparaître, mais avec les femmes qui partageaient sa vie, il ne savait pas se maîtriser. "Cette violence que j'avais en moi s'est manifestée sur plusieurs femmes (...) J'ai été violent avec la mère de mon fils en la forçant à me parler", explique l'homme qui a aussi menacé sa dernière compagne avec un tesson de verre. Il ne sait pas non plus jusqu'où il serait allé si elle ne l'avait pas arrêté.

Plus de 200 000 femmes victimes chaque année

Certaines de ses compagnes ont porté plainte et il a été condamné à un an et demi de prison avec sursis et deux ans de mises à l'épreuve. La Justice l'a soumis à une injonction de soins, à un suivi psychologique et il a intégré un groupe de parole. Pendant trois ans, avec d'autres hommes, il a tenté de comprendre les mécanismes de sa violence. Au début, il n'ose pas parler. "Il y a quelque chose de l'ordre de la honte, de la culpabilité", explique Bruno Ranchin, animateur du groupe de parole Association Vivre Autrement ses Conflits (AVAC).

Au fil des semaines et des discussions, Bruno comprend qu'il a hérité de la violence familiale. "La violence fait son terreau dans l'absence de mots", analyse-t-il. Il n'existe pas plus d'une trentaine de structures qui accompagnent les hommes violents en France alors que chaque année plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales.

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