VIDEO. "On les voit qui pleurent" : Elles déplorent l'insuffisance des mesures du Grenelle pour les femmes victimes de violences

BRUT

Le Grenelle des violences conjugales voulu par Marlène Schiappa s'est ouvert mardi 3 septembre. À cette occasion, le gouvernement a annoncé des mesures jugées insuffisantes par des associations accompagnant les victimes. Un avis partagé par Anaïs Leleux, militante au sein du collectif #NousToutes.

101. C'est le nombre de féminicides commis en 2019 en France. Entre dépit et déception, les associations féministes considèrent les mesures annoncées, dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, franchement insuffisantes. C'est le cas du collectif #NousToutes qui estime primordial d'agir plus vite. Et plus fort.

Des mesures vaines ?

Coup de communication ? Moyen de repousser l'échéance ? Pour Anaïs Leleux du collectif #NousToutes, les déclarations du gouvernement ne sont pas à la hauteur du fléau dénoncé. "Ce gouvernement qui se prétend gouvernement féministe, qui a érigé les droits des femmes en grande cause, etc., ne sait faire que de la communication." Parmi les dispositions présagées, une levée de fonds d'un million d'euros. "C'est rien en termes de politique (…) Emmanuel Macron, quand il était banquier, il gagnait 1 million par an", réagit Anaïs Leleux, désabusée.

Dès l'ouverture du Grenelle, le Premier ministre Édouard Philippe a également évoqué "la création d'environ 1000 nouvelles places d'hébergement d'urgence.""Pour faire face aux situations d'urgence, 250 nouvelles places seront créées en 2020 dans les centres d'hébergement d'urgence pour des mises en sécurité immédiates", peut-on lire sur le site officiel du gouvernement. La mesure avait déjà été évoquée pour l'ouverture de places cet été. "On apprend il y a 3 jours qu'il ne l'a jamais fait", précise Anaïs Leleux. 

Aussi, Édouard Philippe a déclaré lors de l'ouverture du Grenelle : "La première urgence, c'est de protéger les femmes victimes de violences conjugales en leur assurant une mise à l'abri rapide." Au sein-même de cet effort, Anaïs Leleux y remarque une incohérence : est-ce vraiment à la victime de quitter son domicile ? "Est-ce que c'est pas à un conjoint violent de faire son sac ?"

Et maintenant, on fait quoi ?

Dans un premier temps, le Grenelle va conduire à trois mois de discussions, partout en France, pour envisager des pistes visant à mieux venir en aide aux victimes de violences conjugales. Mais, pour Anaïs Leleux, la discussion doit céder sa place aux agissements. Beaucoup de policiers sont fatigués, d'autres n’ont pas reçu la formation adéquate et cela peut aboutir à des situations éprouvantes voire traumatisantes pour les plaignantes. "L'année dernière, on a eu 600 témoignages de femmes qui racontent qu'elles étaient maltraitées dans les commissariats."

Minimisation des violences, victimes qui culpabilisent, crainte des représailles… Pour Anaïs Leleux, il n'y a plus d'excuses. Il n'y a plus de place pour l'impunité. "Il faut que des sanctions soient prises quand il y a des refus de plaintes."

Mais vous êtes sûre madame, vous voulez vraiment porter plainte ? Vous allez vraiment envoyer votre mari en prison ?

Propos relatés

par Anaïs Leleux

"On va inciter"

Si les associations féministes saluent l'emploi du terme "féminicide" par Édouard Philippe, elles constatent néanmoins que l'heure n'est plus à l'incitation. Un point pourtant défendu par le Premier ministre. Pour Anaïs Leleux, l'usage de ce terme est caduque. "Il faut que dès maintenant, n'importe quelle femme qui irait dans un commissariat pour dire qu'elle est victime de violences, que ses enfants sont victimes de violences, voie sa plainte traitée", lance-t-elle.

En attendant la fin du Grenelle qui s'achèvera le 25 novembre, les associations veillent, dans l'immédiat, à rester avec les victimes et à les accompagner avec bienveillance. "On les voit qui pleurent, qui sont à bout, qui ont, encore une fois, l'impression d'être méprisées."

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