L'éditeur de jeux vidéo Ubisoft enquête sur des accusations de violences et de harcèlement sexuels

Le stand de l\'éditeur de jeux vidéos Ubisoft lors de la Paris Game Week, le 1er novembre 2019.
Le stand de l'éditeur de jeux vidéos Ubisoft lors de la Paris Game Week, le 1er novembre 2019. (DANIEL PIER / NURPHOTO / AFP)

"Nous procédons également à l'audit de nos politiques, procédures et systèmes existants afin de (...) nous assurer que nous puissions mieux prévenir, détecter et punir tout comportement inapproprié", a indiqué l'entreprise.

L'éditeur de jeux vidéo Ubisoft a annoncé, dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 juin, avoir lancé plusieurs enquêtes internes concernant des accusations de violences et de harcèlement sexuels à l'encontre de certains de ses cadres. Cette déclaration intervient alors que des dizaines de femmes ont témoigné récemment, sur les réseaux sociaux, des discriminations, du harcèlement ou des agressions sexuelles dont elles ont été victimes dans le milieu des jeux vidéos.

"En fonction des conclusions [de ces enquêtes], nous nous engageons à prendre toutes les mesures disciplinaires appropriées", a écrit Ubisoft dans un communiqué. Le groupe s'est dit "sincèrement désolé" et "engagé à créer un environnement inclusif et sûr pour nos équipes, nos joueurs et nos communautés". "Il apparaît clairement aujourd'hui que nous n'avons pas réussi à atteindre cet objectif", a admis l'entreprise.

Des témoignages anonymes sur Twitter

Mercredi 24 juin, des témoignages anonymes d'employés ou d'ex-employés d'Ubisoft sont apparus sur Twitter, visant des cadres des studios de Toronto et Montréal, mais aussi au Brésil, en Bulgarie et aux Etats-Unis, et concernant parfois des faits remontant à plusieurs années. "Saoul et enragé", un directeur créatif "a étranglé une employée lors d'une soirée Far Cry" (une célèbre franchise d'Ubisoft), accuse l'un d'eux. Selon ce témoigne, le responsable du studio en question était au courant et "n'a rien fait", la personne visée ayant même obtenu par la suite une promotion.

D'autres témoignages dénoncent une industrie "incroyablement toxique pour les femmes". Une ex-employée raconte qu'un collègue lui a demandé une fellation lors d'une soirée alors qu'elle travaillait encore à son bureau, d'autres relatent que tel directeur créatif a "léché le visage" d'une collaboratrice lors d'une autre fête d'entreprise. "J'ai fait l'objet de moqueries lorsque je suis allée voir mon patron pour lui parler de mes problèmes", explique l'une d'elles.

"Nous procédons également à l'audit de nos politiques, procédures et systèmes existants afin de comprendre là où ils ont été défaillants, et de nous assurer que nous puissions mieux prévenir, détecter et punir tout comportement inapproprié", a également annoncé Ubisoft après ces accusations. Contacté par l'AFP, l'entreprise n'était pas en mesure d'indiquer si des personnes avaient été mises à pied.

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