Inégalités entre les femmes et les hommes : seules 20% des Françaises estiment que la situation s'est améliorée

Une manifestation contre les violences faites aux femmes, le 27 janvier 2018, à Paris. 
Une manifestation contre les violences faites aux femmes, le 27 janvier 2018, à Paris.  (MAXPPP)

D'après un sondage réalisé pour la Fondation des femmes, 63% des sondées trouvent que rien n'a changé depuis le mouvement #MeToo.

La situation s'est-elle améliorée depuis un an en termes d'égalité entre les femmes et les hommes ? Seules 20% des femmes estime qu'un progrès a été fait, selon un sondage* publié lundi 4 mars et réalisé par Kantar, pour la Fondation des femmes et le magazine Femmes actuellesElles sont 63% à considérer que la situation n’a pas changé, tandis que 17% considèrent que la situation s’est dégradée.

L'enquête s'intéresse notamment aux inégalités dans le monde du travail. Ainsi seuls 34% des sondés estiment que l'égalité femmes-hommes est satisfaisante dans le monde professionnel, et ce taux baisse à 28% lorsque seules les femmes sont interrogées. Environ 79% estiment qu'avoir plusieurs enfants peut être préjudiciable à la carrière d'une femme, mais ils ne sont que 27% à imaginer de telles conséquences négatives pour la carrière d'un homme.

Enfin, 36% des femmes disent avoir déjà été victimes de sexisme sur leur lieu de travail ou lors d'un recrutement : elles sont 49% avoir subi des blagues ou des remarques à caractère sexuel et 32% des propositions sexuelles déplacées.

"Enormément de pain sur la planche"

L'irruption du mouvement #MeToo a contribué à une large prise de conscience en France des violences faites aux femmesPlus de 55% des Français estiment que les violences conjugales et sexuelles doivent être combattues en priorité, et 33% qu'il faut s'attaquer avant tout aux inégalités de salaire. "Je pense qu'il y a quelques années, les gens auraient cité les inégalités salariales comme le point le plus important", a commenté auprès de l'AFP Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes.

Quelque 95% des sondés se prononcent ainsi pour des peines plus sévères envers les auteurs de violences faites aux femmes, un avis jugé "adéquat par rapport à la réalité" par Anne-Cécile Mailfert, qui déplore "une correctionnalisation massive des viols". Ces résultats montrent qu'"on ne peut absolument pas se satisfaire de ce qui s'est passé l'an dernier. Il reste encore énormément de pain sur la planche", selon elle. 

* Sondage réalisé en ligne du 30 janvier au 1er février, auprès d'un échantillon représentatif de 1 005 personnes (selon la méthode des quotas).

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