VIDEO. Vietnam : les oubliés de la décolonisation

Réfugiés en France en 1956, à la chute de Dien Bien Phu, les "harkis d'Indochine" sont accueillis dans des camps de fortune comme à Ste-Livrade-sur-Lot. Les familles s'y rassemblent chaque week-end du 15 août. Rencontre.

En ce week-end du 15 août, quatre générations d'Eurasiens venues de toute la France  se retrouvent au CAFI (Centre d'accueil des Français d'Indochine) de Sainte-Livrade-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Pour la présidente de la Coordination des Eurasiens de France (CEP), "ce lieu de mémoire, c'est la mémoire de nos parents, de notre histoire, de notre combat, et de toute la communauté indochinoise - une histoire qui n'est pas enseignée à l'école". 

L'histoire du déracinement de toute une population française après la défaite de Dien Bien Phu, qiu a cru à l'hospitalité de la France. Habitués à un pays très chaud, quand ils sont arrivés à Ste-Livrade, "on pouvait marcher sur le Lot gelé", raconte le restaurateur du Cafi. Une histoire occultée par la discrétion et la dignité de ceux qui supportent les conditions de vie très dures dans cet ancien camp militaire, au règlement discriminant (la machine à laver est par exemple réservée aux familles nombreuses).

Après soixante ans hors du monde, pour la centaine de résidents du Cafi, le provisoire est devenu éternité. Et la reconnaissance de la France n'est jamais venue. Mais avec une nouvelle pagode et un musée, ce petit "Vietnam sur Lot" se fait le gardien d'une mémoire honorée. 

 

 

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