VIDEO. Esclavage : le député Max Mathiasin revient sur son intervention applaudie debout par toute l'Assemblée

Le député de Guadeloupe Max Mathiasin est intervenu mardi 21 novembre 2017, lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, après la diffusion d’images de la vente d’esclaves en Libye. Il confie à Laurent Delahousse ce qu’il a ressenti lors de ce moment de forte émotion… Extrait du magazine "19h le dimanche" du 26 novembre.

Qu’a donc ressenti le député de Guadeloupe Max Mathiasin quand il a vu les images de la vente d’esclaves aujourd’hui en Libye ? "A la fois un sentiment de colère et un sentiment d’impuissance. Ces images me créent une forme d’horreur, de déjà-vu et de déjà vécu, sachant d’où je viens. Je me dis que tout ce que j’ai, c’est la parole. La parole dans l’Hémicycle. Alors, je vais essayer de voir ce que je peux faire de cette parole. C’est moi qui dois poser cette question", répond l’élu, qui intervient le 21 novembre à l’Assemblée nationale, au magazine "19h le dimanche" (Facebook, Twitter, #19hLD).

Max Mathiasin débute ainsi son intervention : "Cette question s’adresse à la France, pays des droits de l’Homme, aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui, mais aussi à la postérité". Il précise à Laurent Delahousse : "Pour poser cette question, il faut faire référence à son vécu. Et ce vécu est en moi." L’élu poursuit devant les députés : "Ma grand-mère m’a raconté son grand-père. Il est né en Afrique en homme libre. Il a été capturé et vendu. Il est arrivé en Guadeloupe en esclave et il est mort après l’abolition de l’esclavage. Cela se passait en colonie française."

"Je vois des députés qui ont les yeux rougis"

Le député confie un autre souvenir à "19h le dimanche" : "Ma grand-mère était une paysanne de la Guadeloupe qui portait toujours de grandes robes appelées des robes à corps. On aimait s’y réfugier quand on était petit. Il se trouve qu’elle nous racontait des contes des Antilles et aussi l’histoire de la famille, les histoires liées à l’esclavage." Max Mathiasin poursuit dans l’Hémicycle : "D’aucuns pensent que la traite d’êtres humains et d’esclaves a disparu au XIXe siècle, mais il n’en est rien." Entretient-il cette mémoire parce qu’on lui a transmise ? "Oui. Cela fait partie de ma vie parce que j’avais lu, adolescent, un auteur qui disait 'Celui qui ne connaît pas l’histoire de son pays est plus faible qu’un enfant au berceau.' J’avais trouvé ça beau. J’avais quinze ans."

"Monsieur le Premier ministre, poursuit-il ce mardi 21 novembre devant les députés, la France, pays des droits de l’Homme, va-t-elle intervenir pour faire cesser ces horreurs au plus vite ? Il s’agit là d’une urgence absolue". Max Mathiasin se souvient de ce moment fort : "Je regarde autour de moi et je vois des députés tournés vers moi. Il y en a qui ont les yeux rougis. Je suis assailli par une très grosse émotion. Je change de ton et me fais plus inclusif." Il poursuit alors ainsi : "C’est une réalité qui fait partie de ma mémoire, de notre mémoire; de ma vie, de notre vie; de la culture qui nous façonne tous." L’homme politique explique avoir senti qu’il devait faire "adhérer tout le monde". Il précise : "Quand j’ai fini le discours, des collègues viennent vers moi, de la France insoumise à l’extrême droite… Tout le monde se met debout… Je n’avais jamais vu ça." Max Mathiasin a été applaudi un long moment depuis tous les bancs de l'Assemblée nationale.

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