VIDEO. "13h15". Arlette Laguiller : "Ma religion, c'est l'humanité et la vie en société"

Arlette Laguiller a été baptisée, a suivi des cours de catéchisme et a fait sa communion. Très vite, la future porte-parole de Lutte ouvrière est devenue athée, comme son père, un ancien séminariste… "Je crois que je n’ai jamais cru", affirme-t-elle. Extrait du magazine "13h15".

Le père d’Arlette Laguiller a un temps été séminariste. L’ancienne porte-parole de Lutte ouvrière, six fois candidate à la présidence de la République, a ainsi été baptisée et a fait son catéchisme. Elle est très vite devenue athée : "Sincèrement, je crois que je n’ai jamais cru. Ça me faisait rigoler, je n’y croyais pas, c’est sûr", révèle la militante trotskiste lors de l’entretien qu’elle a accordé à Laurent Delahousse, fin 2014, dans le cadre de la collection "Une histoire française" du magazine "13h15 le dimanche" (Facebook, Twitter, #13h15).

"Comme ma mère était catholique, on faisait ça, se souvient Arlette Laguiller. Mais cela doit être aussi l’influence de mon père, car il est devenu très athée, très laïque, après avoir laissé tomber le séminaire." A-t-elle donc tout de suite cru que la religion était l’opium du peuple ? "L’opium du peuple, c’est plus venu quand j’ai connu les lectures que j’ai faites avec Marx, répond-elle en souriant. Pour moi, c’était une vie rétrécie. Je pensais que la vie, c’était sur Terre qu’on devait la vivre, la faire la plus belle possible et pas attendre… Matérialiste, oui…"

"Moi, la religion m’inquiète plutôt"

Prie-t-elle parfois ? "Non, non, non ! J’ai prié sûrement quand j’ai fait ma communion, je ne m’en rappelle plus très bien. Moi, la religion m’inquiète plutôt, à notre époque, aujourd'hui, mais cela a aussi été vrai dans d’autres périodes. On assiste plutôt à des intégrismes religieux pour des gens qui ne sont peut-être pas bien dans leur peau, je ne sais pas."

"Ça m’inquiète plutôt que des jeunes aillent se faire tuer au nom du Coran ou de la Bible, qui sont pour moi des écrits inventés… Non, franchement, je n’ai pas besoin de la religion. Ma religion, c’est l’humanité, c’est la vie en société… C’est ça, ma religion", affirme la militante révolutionnaire, qui a passé tout sa vie professionnelle au Crédit Lyonnais.

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