Un Français sur dix peine à payer son électricité

Une personne monte son chauffage électrique dans son appartement, à Lille (Nord), le 3 février 2012.
Une personne monte son chauffage électrique dans son appartement, à Lille (Nord), le 3 février 2012. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Selon une enquête, plus de 3 millions de foyers vivent dans la "précarité énergétique".

Payer sa facture d'électricité ne va pas de soi pour tous les Français. Selon un baromètre Powermetrix-AFP, près de 11% des Français reconnaissent avoir eu récemment des difficultés à payer leur facture d'électricité. Ainsi, plus de 3 millions de foyers, et le double de personnes, vivent dans la "précarité énergétique", c'est-à-dire connaissent une difficulté à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction des besoins élémentaires, comme le définit l'Insee. L'enquête a été menée cet hiver auprès d'un panel représentatif de 840 consommateurs par Wattgo, une société spécialisée dans la collecte et l'analyse de données sur la consommation électrique des Français. Elle a utilisé des capteurs optiques placés sur des compteurs.

L'étude permet de dessiner un "portrait-type" du ménage en situation de précarité énergétique. Sans surprise, le taux est plus élevé (18%) chez les locataires que chez les propriétaires (6%), d'autant plus dans le logement social (24%) que dans le privé (15%), selon cette étude. Logique également, le cas est plus fréquent pour les foyers dont le logement n'a pas fait l'objet de travaux d'isolation : 18% de ces ménages ont du mal à payer leurs factures, contre 8% de ceux qui habitent les logements "partiellement ou totalement isolés".

La "spirale" de la précarité énergétique

En revanche, de façon plus surprenante, les difficultés pour régler sa facture d'électricité concernent presque autant ceux qui se chauffent à l'électricité (13%) que ceux qui se chauffent "par un autre moyen" (11%), c'est-à-dire au gaz, fioul, bois... Or ceux-ci ont, en toute logique, une facture d'électricité bien moindre. "Ce phénomène pourrait notamment s'expliquer par le fait que les foyers anciens et mal isolés, plus sujets à la précarité énergétique, sont traditionnellement moins chauffés à l'électrique", explique Mathilde Voegtlé, chargée d'études pour Wattgo.

La société souligne aussi "la spirale" de la précarité en matière de chauffage. Les foyers "précaires" sont en effet beaucoup plus équipés (33%) de chauffages d'appoint, très gloutons en énergie, que les autres foyers (24%).

L'Insee définit elle-même la précarité énergétique comme le fait de consacrer plus de 10% de ses revenus à sa facture d'énergie. D'après les donnéesde l'Institut, cela concerne 3,8 millions de foyers.

Vous êtes à nouveau en ligne