Un vaste réseau de trafic de permis de conduire démantelé en région parisienne

Les candidats à la fraude étaient orientés vers une auto-école de Seine-Saint-Denis dont les dirigeants faisaient valider les examens par deux inspecteurs complices.
Les candidats à la fraude étaient orientés vers une auto-école de Seine-Saint-Denis dont les dirigeants faisaient valider les examens par deux inspecteurs complices. (MAXPPP)

Au total, neuf personnes seront jugées pour escroquerie en bande organisée, corruption, trafic d'influence, obtention frauduleuse de documents administratifs, fraude aux examens et blanchiment.

1 500 euros pour le code, 4 000 pour le permis : un vaste réseau de trafic de permis de conduire a été démantelé en région parisienne, a indiqué jeudi 7 novembre le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Ce réseau, qui implique notamment deux moniteurs d'auto-école du Val-de-Marne et les dirigeants d'une auto-école de Seine-Saint-Denis, aurait monnayé des centaines de faux permis depuis plusieurs années.

Au total, neuf personnes ont été déférées jeudi au parquet de Bobigny. Elles seront jugées à la fin du premier semestre 2020 pour escroquerie en bande organisée, corruption, trafic d'influence, obtention frauduleuse de documents administratifs, fraude aux examens et blanchiment. Elles encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 1 million d'euros d'amende.

Un "plan permis sûr" proposé sur Snapchat

Les enquêteurs de la police judiciaire de Paris ont travaillé pendant plus d'un an pour mettre au jour le modus operandi et les protagonistes de ce vaste trafic. C'est via l'application Snapchat que des rabatteurs promettaient "un plan permis sûr via auto-école" garantissant l'obtention du permis de conduire moyennant 1 500 euros pour le code et 4 000 euros pour la conduite. Deux moniteurs d'auto-écoles du Val-de-Marne recrutaient également leurs élèves.

Les candidats à la fraude étaient ensuite orientés vers une auto-école de Seine-Saint-Denis dont les dirigeants faisaient valider par deux inspecteurs du permis de conduire les examens fictifs du code ou de la conduite dans le système informatique du ministère de l'Intérieur. Les bénéficiaires, estimés au nombre de plusieurs centaines, récupéraient ensuite un permis de conduire officiel.

Vous êtes à nouveau en ligne