Radars embarqués : un maire de Gironde se révolte

France 2

Le maire de Naujac-sur-mer (Gironde) a pris une décision inédite : un arrêté interdisant la circulation sur sa commune des nouveaux véhicules équipés de radars caméras, les fameux radars privés. Cette mesure est jugée illégale par la préfecture.

Naujac-sur-mer (Gironde) fait de la résistance : son maire républicain, Jean-Bernard Dufourd, a signé un arrêté municipal pour interdire de circulation d tout véhicule de société privée avec radar embarqué. Coup de gueule et coup médiatique à la fois, l'édile de cette petite commune de 1 200 habitants est en colère contre le gouvernement : "Je ne refuse pas qu'il y ait des contrôles routiers, précise Jean-Bernard Dufourd, mais que ces contrôles soient faits par des entités qui ont vocation à faire de la répression, c'est-à-dire les gendarmes et la police nationale. A l'État d'assurer les tâches régaliennes, il faut que ce soit des services publics qui font ce genre de choses, et non pas des services privés". Le maire fait référence au code de la route pour justifier sa croisade. Un chauffeur du privé qui regarde un écran tout en effectuant des contrôles de vitesse serait-il lui-même en infraction ?

"C'est un coup d'épée dans l'eau"

Dans le village, tous ces remous font beaucoup parler. "C'est un coup d'épée dans l'eau qui attire les regards sur Naujac", fait remarquer un habitant, qui craint "qu'on ne se retrouve avec beaucoup plus de contrôles exprès juste pour montrer qui est le plus fort." L'arrêté municipal est totalement illégal selon la préfecture de la Gironde, qui réfute les arguments de l'élu. "Les radars embarqués sont entièrement automatisés, rappelle Thierry Suquet, secrétaire général de la préfecture de Gironde, et donc l'attention du conducteur ne peut pas être distraite". Et d'ajouter : "Le maire n'a aucune compétence pour prendre ce genre d'arrêté, il n'a pas le droit de le faire, et s'il ne le retire pas comme le préfet le lui a déjà demandé, nous déferrerons l'arrêté au tribunal administratif". Et pourtant, Jean-Bernard Dufourd persiste et signe, car il a reçu de nombreuses lettres de soutien. C'est le pot de terre contre le pot de fer reconnaît le maire, prêt à défendre devant la justice son arrêté controversé.

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