Plan anti-rodéos : "Il faut au maximum anticiper pour prévenir ces comportements", selon Natalia Pouzyreff

Natalia Pouzyreff, députée LREM, à l\'Assemblée nationale, le 13 novembre 2018.
Natalia Pouzyreff, députée LREM, à l'Assemblée nationale, le 13 novembre 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)

Natalia Pouzyreff, députée LREM des Yvelines, plaide sur franceinfo pour faire "de la sensibilisation auprès des jeunes" et souhaite éventuellement "renforcer les sanctions" contre les rodéos urbains.

Christophe Castaner a déploré lundi 25 mai une "recrudescence des rodéos" urbains pendant le confinement. Le ministre de l'Intérieur a annoncé un "plan d'action" pour lutter contre ce phénomène avec une mission de réflexion confiée à deux députées chargée d'élaborer ce nouveau plan anti-rodéos. "Il faut au maximum anticiper pour prévenir ces comportements", a indiqué sur franceinfo Natalia Pouzyreff, l'un des deux députées missionnées par Christophe Castaner. Pour la députée LREM des Yvelines, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées à l'Assemblée, il faut observer "les facteurs qui peuvent conduire ces personnes à chercher la confrontation". Elle plaide pour faire "de la sensibilisation auprès des jeunes" et souhaite éventuellement "renforcer les sanctions".

franceinfo : Quelles sont vos pistes de travail ?

Natalia Pouzyreff : Après avoir renforcé l'arsenal législatif grâce à la loi de 2018, qui est un outil au service de nos forces de l'ordre, police, gendarmerie, nous allons chercher à appréhender le problème dans sa globalité avec l'ensemble des acteurs du terrain, que ce soient les municipalités, les associations, tout le continuum de sécurité et s'assurer que l'articulation avec le judiciaire est la bonne.

La loi de 2018 n'était-elle pas suffisante ? Est-ce un constat d'échec ?

Non, je crois que nous disposons des instruments nécessaires. Si néanmoins il fallait donner un outil supplémentaire aux forces de l'ordre, nous le ferions. Mais il s'agit plutôt de prévenir ce comportement à risque en observant la globalité des problématiques, des facteurs qui peuvent conduire ces personnes à chercher la confrontation. Il y a différents cas qui se manifestent. On a le rodéo local dans un quartier assez limité qui est exaspérant pour les riverains parce qu'il cause beaucoup de nuisances sonores. Et là, nous avons un nouveau phénomène, une nouvelle forme de manifestations qui se sont révélées lors du confinement, c'est la formation de grands groupes qui se réunissent pour aller faire des runs sur le périphérique ou sur des autoroutes. Et face à toutes ces différentes formes, il faut que l'on voit quelle est la meilleure réponse adaptée.

Est-ce que cela peut être développement de la vidéosurveillance, déjà très présente dans ces quartiers ?

Je crois qu'il faut au maximum anticiper pour prévenir ces comportements. Peut-être y a-t-il à renforcer cette sensibilisation des personnes en charge du renseignement. C'est le rôle de la police de sécurité du quotidien. Il faut bien mailler le territoire pour savoir, à l'issue d'enquêtes, quels sont les auteurs possibles de ces délits. Il y a de la sensibilisation à faire auprès des jeunes. Il faut impliquer les associations. Il faut chercher des façons, non seulement de réprimer, mais vraiment de prévenir. Et puis ensuite, si les sanctions ne sont pas suffisantes, on pourra renforcer les sanctions. Mais je crois que c'est la prévention, le renseignement, l'enquête et peut être effectivement de nouveaux outils. Il a aussi été mentionné l'utilisation de caméras de drones, une utilisation encore plus démultipliée.

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