Mobilisation des auto-écoles : "Il n'y a pas de problème de permis", assure un syndicat d'enseignants de la conduite

Une séance de formation à la conduite.
Une séance de formation à la conduite. (MARC OLLIVIER / MAXPPP)

Alors que les patrons et salariés d'auto-écoles manifestent lundi pour dénoncer un projet de réforme du permis de conduire, Pierre Talon, président de la Fédération nationale des enseignants de la conduite, indique que le problème des permis de conduire est circonscrit à Paris et sa couronne, du fait de la densité de population.

"Il n'y a pas de problème de permis" insiste, lundi 11 février sur franceinfo, Pierre Talon, président de la FNEC (Fédération Nationale des Enseignants de la Conduite). Les patrons et salariés d'auto-écoles manifestent à travers la France pour dénoncer un projet de réforme du permis de conduire présenté mardi au Premier ministre. Objectif : rendre l'examen plus accessible. Pour Pierre Talon, cette réforme "c'est la mort de la profession, des 12 000 établissements, des 40 000 emplois".

franceinfo : Pour vous, cette réforme représente la mort de la profession ?

Pierre Talon : Oui, c'est la mort de la profession, c'est la mort des 12 000 établissements, des 40 000 emplois. C'est une ubérisation de notre métier et cela va totalement à l'encontre de la sécurité routière. Les candidats seront mal formés. On remarque déjà que lorsque les candidats se forment tout seuls sur la partie théorique, on est obligé de tout reprendre lors des leçons de conduite. Cela revient plus cher aux candidats s’ils n'ont pas une bonne formation théorique. Ils veulent aller au petit bonheur la chance à l'examen, ce qui va augmenter le nombre d'échecs. Le nombre d'échecs des candidats libres est déjà très haut. Il y a un taux de réussite inférieur à 40%.

L'un des objectifs de cette réforme est de faire baisser le prix du permis de conduire. Vous comprenez que des candidats le trouvent trop cher ?

Oui. On pourrait le rapporter à autre chose : lorsqu'un enfant naît, c'est 8 euros par mois pendant 18 ans pour un permis de conduire. On pourrait comparer cette somme au prix du paquet de cigarettes. Il y a des financeurs que M. Macron aurait pu appeler. Les sociétés d'autoroutes privatisées pourraient participer à la formation des conducteurs avec les bénéfices qu'ils font. Les assureurs qui taxent les jeunes conducteurs depuis 25 ans, avec des surprimes de 70%, pourraient ne plus mettre cette surprime et aider les jeunes conducteurs à se former. Une partie de la recette de la répression routière pourrait aussi être utilisée. Ce projet de réforme ressemble aux 80 km/h. Le problème des permis de conduire est uniquement à Paris et dans la couronne parisienne à cause de la densité de population extrême. Vous ne pouvez pas réussir un examen correctement. Alors que sur tout le territoire national, autre que la région parisienne, il n'y a pas de problème de permis.

Les auto-écoles en ligne dénoncent votre mouvement et défendent leur formation. Que répondez-vous à cela ?

Il n'y a pas de qualité dans la formation lorsqu’on apprend par cœur les 1 000 questions de la banque de l'épreuve théorique. Apprendre par cœur, sans comprendre, ce n'est pas une formation. Les élèves se forment seuls. Est-ce que les jeunes bacheliers quittent le lycée et vont se former seuls au bac ? Il faut toujours des professeurs, des professionnels.

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