Limite à 80 km/h : le Conseil d'État, ultime recours des opposants

France 3

Le passage à 80 km/h sur le réseau secondaire doit s'appliquer dans 15 jours. Le décret a été publié hier, dimanche 17 juin. Deux associations utilisent les derniers recours possibles. Elles en appellent au Conseil d'État, au nom du principe d'égalité entre zones rurales et urbaines.

Dans cette usine du Jura, les futurs panneaux de limitation à 80 km/h sortent tout juste des machines. Pour l'instant, seules quelques centaines ont été fabriquées, mais une fois la réforme entrée en vigueur le 1er juillet prochain, la cadence devrait s'accélérer. Car en France, 11 000 panneaux de signalisation sont à changer. Coût estimé : entre 6 et 12 millions d'euros que l'État prendra en charge. Aujourd'hui, certains doutent pourtant de l'utilité de cette dépense, comme Michel Saumonneau, maire de Bonnes, dans la Vienne. La vitesse de la départementale qui traverse sa commune va être abaissée, sans aucune raison valable, selon lui. Il n'a aucun doute : nombre de ses administrés ne respecteront pas la nouvelle réglementation.

L'expérience à l'origine de la mesure pas représentative ?

À 15 jours seulement de l'entrée en vigueur du texte, beaucoup ne désarment pas et pointent l'expérimentation à l'origine de la réforme. Entre 2015 et 2017, la vitesse a déjà été abaissée sur trois tronçons de l'Hexagone : Auxerre (Yonne)-La Charité-sur-Loire (Nièvre), sur 55 km ; Valence (Drôme)-Crozes-Hermitage sur 18 km ; et enfin Vesoul (Haute-Saône)-Rioz sur 13 km. À la clé, moins d'accidents. Mais selon cet avocat qui a déposé un recours contre la mesure au Conseil d'État, l'expérience n'a pas été représentative. Les anti-réforme n'ont peut-être pas perdu la partie. Jeudi 21 juin, une proposition de loi du député Les Républicains Vincent Descœur sera examinée. Son motif : permettre aux préfets ou aux départements d'appliquer ou non, au cas par cas, la limitation des 80 km/h.

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