Limitation de la vitesse à 80 km/h : "Je voulais sauver des vies, on m'a accusé de vouloir remplir les caisses", déclare Edouard Philippe

Des employés de la direction interdépartementale des routes de l\'Est remplacent des panneaux de limitation de vitesse, près de Wittenheim (Haut-Rhin), le 29 juin 2018.
Des employés de la direction interdépartementale des routes de l'Est remplacent des panneaux de limitation de vitesse, près de Wittenheim (Haut-Rhin), le 29 juin 2018. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le Premier ministre a évoqué dans son discours la "défiance" des Français face à certaines mesures, dont celle-ci, vivement contestée.

Un aparté dans le discours de restitution du grand débat national. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a regretté, lundi 8 avril, la "défiance" manifestée au moment de l'instauration de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens. "La bonne foi, c'est celle qui m'a par exemple conduit à instaurer le 80 km/h parce que je ne pouvais pas accepter l'hécatombe quotidienne qui brise des vies, des familles, des existences", a expliqué Edouard Philippe. "Je voulais sauver des vies, on m'a accusé de vouloir remplir les caisses" de l'Etat, a-t-il regretté.

La limitation de vitesse à 80 km/h, entrée en vigueur le 1er juillet 2018 sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central, a été parmi les mesures les plus contestées dans la crise des "gilets jaunes". "Nous ne sommes pas parvenus à concilier les Français avec ceux qui les dirigent", a poursuivi le Premier ministre, évoquant "les mots très durs, très violents" utilisés à l'égard du "gouvernement, des élus ou des fonctionnaires".

Je ne me résigne pas à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière. C'est une grande politique publique au service de nos concitoyens, elle est indispensable.Edouard Philippe, Premier ministre

"J'ai dû moi-même apprendre à gouverner avec cette défiance", a-t-il ajouté en évoquant cette mesure phare relative à la sécurité routière. "Je dois apprendre à composer avec l'incompréhension ou le rejet de certains de nos concitoyens." En janvier, lors d'un débat dans l'Eure, le président Emmanuel Macron s'était dit pour la première fois ouvert à des aménagements locaux de cette mesure, au risque de désavouer le chef du gouvernement.

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