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L'association Anticor porte plainte pour favoritisme dans l'attribution de marchés de radars embarqués à des sociétés privées

Un gendarme utilise un radar embarqué pour contrôler la vitesse d'un véhicule, le 13 juin 2013 à Saint-André-de-Cubzac (Gironde). (NICOLAS TUCAT / AFP)

Les contrôles de vitesse par des radars automatiques embarqués dans des voitures sont externalisés depuis l'an dernier en Normandie. Anticor dénonce des marchés attribués sans appel d'offres.

L'association anticorruption Anticor dénonce des soupçons de "favoritisme" dans le marché juteux des radars embarqués confié par l'Etat à des sociétés privées. Elle a annoncé, mercredi 7 février, avoir déposé une plainte le 18 janvier devant le parquet national financier, confirmant une information de L'Express. Selon Anticor, l'Etat n'a pas lancé d'appel d'offres, prétextant qu'une seule société était capable de fournir le matériel nécessaire.

Dans sa plainte déposée contre X, Anticor vise "deux marchés publics faramineux" passés entre l'Etat et la société Fareco, filiale du groupe de BTP Fayat, "en violation totale de la législation en matière de marchés publics". Ils visaient à "externaliser" au privé le pilotage de voitures banalisées embarquant des radars automatiques. Une politique qui a fait l'objet d'une expérimentation à partir de février 2017 en Normandie, avant d'entrer en vigueur dans cette région depuis décembre. Elle doit être généralisée à l'ensemble du territoire.

"Une dérive vers la privatisation de la justice"

L'association épingle particulièrement un contrat d'un montant global de près de 53,8 millions d'euros passé le 1er février 2017 entre la place Beauvau et Fareco. Selon Anticor, il a été remporté en dehors de tout appel d'offres, "au motif que la société était la seule à détenir un certificat d'homologation" du matériel, explique l'avocat d'Anticor, Jérôme Karsenti.

Cet argument technique rendait selon le ministère impossible toute concurrence, mais il est contesté par l'association, qui le juge "inopérant". En effet, en 2012, la même entreprise "avait obtenu un premier marché (...) après une mise en concurrence dans laquelle l'obtention de ce certificat n'apparaissait pas comme une condition préalable", selon l'avocat.

Anticor dénonce aussi le principe même de cette externalisation des contrôles par radars embarqués, "une dérive vers une privatisation de la justice". Le gouvernement, de son côté, se défend en martelant que les employés de sociétés privées se contentent de piloter les voitures : les véhicules "appartiennent toujours à l'Etat", les portions de contrôle sont choisies par les autorités et le système de flash ne nécessite aucune intervention humaine.