Seine-Saint-Denis : des femmes sans-abri enceintes ou qui viennent d'accoucher obligées de dormir dans la rue

Faute de place pour les garder en sécurité, des maternités de Seine-Saint-Denis laissent partir des jeunes mamans à la rue avec leur nourrisson.
Faute de place pour les garder en sécurité, des maternités de Seine-Saint-Denis laissent partir des jeunes mamans à la rue avec leur nourrisson. (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

Faute de places pour les garder en sécurité, des maternités laissent partir des femmes qui viennent d'accoucher et des femmes enceintes à la rue.

En Seine-Saint-Denis, 54 familles sans-abri, qui venaient d'avoir un bébé cet été, ont été laissées sans solution d'hébergement à la sortie de la maternité : des femmes enceintes ou des jeunes mamans avec leurs nourrissons ont ainsi été obligées de dormir dans la rue, rapporte France Bleu Paris jeudi 6 septembre. C'est l'association Interlogement 93, gestionnaire de la plateforme d'appel du 115 - le Samu social de Seine-Saint-Denis – qui dénonce cette situation dramatique. Faute de place pour les garder en sécurité, des maternités laissent partir des jeunes mamans à la rue avec leur nourrisson.

"Les maternités ne le font pas de gaieté de cœur", explique François Bulan, le chef de service du 115 de Seine-Saint-Denis. "Leurs lits sont complètement saturés et ne peuvent plus accueillir les femmes qui ont besoin d'accoucher." La semaine dernière, des maternités de Seine-Saint-Denis ont laissé partir deux femmes à la rue avec leurs bébés de trois semaines et quatre mois. "C'est une situation assez ubuesque", dénonce le professionnel.

On remet des nourrissons sur le trottoir avec des risques sanitaires évidents pour pouvoir accueillir des femmes qui ont atteint le moment de la naissance.François Bulan, chef du service du 115 en Seine-Saint-Denis

"C'est toujours une inquiétude de voir une femme sortir de la maternité sans qu'on sache qu'elle ait un abri fiable", témoigne Stéphane Bounan, le chef du service de la maternité Delafontaine à Saint-Denis. Il refuse de signer des sorties sans logement, quitte à bloquer des lits plusieurs semaines. Chaque année, 200 femmes quittent la maternité de Delafontaine pour une chambre d'hôtel. 150 environ partent sans garantie. "Énormément de patientes, lasses d'attendre une chambre au 115, vont sortir d'elles-mêmes, pensant trouver une solution chez des connaissances", explique le médecin.

L'accès aux soins minimums ne peut pas être réalisé dans de bonnes conditions quand une femme est à la rue avec son nouveau-né.Stéphane Bounan, chef de service à la maternité Delafontaine de Saint-Denis

Maxence Delaporte, le responsable opérationnel de l'association Inter logement 93 demande "d'augmenter le nombre de places de mises à l'abri immédiates à l'hôtel". Il se désole de devoir répondre tous les jours "négativement à des familles avec des enfants". En 2017, 653 femmes ont été orientées par des maternités vers l'association Interlogement 93, soit trois fois plus qu'en 2014.

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