Pyrénées-Atlantiques : la police admet "un loupé" après le refus par le commissariat de Pau de prendre la plainte d'un SDF agressé

La police a refusé de prendre la plainte de Kip à quatre reprises, le dimanche 25 février 2018, à Pau (Pyrénées-Atlantiques).
La police a refusé de prendre la plainte de Kip à quatre reprises, le dimanche 25 février 2018, à Pau (Pyrénées-Atlantiques). (RADIO FRANCE / DANIEL CORSAND)

La police des Pyrénées-Atlantiques a reconnu, par la voie de sa Directrice départementale de la sécurité publique, "un loupé" après qu'un SDF de Pau s'est fait refouler d'un commissariat à quatre reprises alors qu'il voulait porter plainte pour son agression, rapporte France Bleu Béarn, vendredi.

La directrice départementale de la sécurité publique des Pyrénées-Atlantiques, Brigitte Pommereau, reconnaît "un loupé de ses services" alors qu'un sans-abri de Pau s'est fait refouler d'un commissariat à quatre reprises alors qu'il souhaitait porter plainte après son agression, rapporte France Bleu Béarn, vendredi 2 mars. À la suite de cet incident, Kip, de son surnom, a été invité à se présenter dès aujourd'hui au commissariat. Les services de police s'engagent à prendre sa plainte et mener une enquête.

Agressé sans motif

Kip est un sans domicile fixe. Il vit dans la rue à Pau. Samedi 24 février, il a été violemment agressé sans motif dans la rue. Une agression dont France Bleu Béarn a été témoin. Un homme seul, très nerveux a frappé le sans-abri alors qu'il était assis par terre. Un coup de pied dans la tête et beaucoup d'autres une fois allongé au sol. L'inconnu a balancé les deux sacs de Kip au milieu de la rue. Il lui a aussi jeté des canettes dessus et même un panneau d'interdiction de stationner.

Le lendemain matin, dès 7h30, Kip se rend au commissariat. Dans un premier temps, on lui demande de revenir à 8 heures. La deuxième fois, un policier lui explique que, sans certificat médical, il ne pouvait pas prendre sa plainte. Il revient alors une nouvelle fois. Lors de cette troisième tentative, le policier lui pose une drôle de question : "Connaissez-vous l'identité de votre agresseur ?" Kip répond que non. Le policier lui alors expliqué qu'il ne pouvait prendre sa plainte. À sa quatrième visite, la même réponse est délivrée à Kip. Le sans-abri pourra finalement se rendre, vendredi, au commissariat pour déposer plainte.