Nuit de la Solidarité : 3 641 personnes à la rue recensées à Paris

Une maraude à Maubeuge dans le Nord. (Illustration). 
Une maraude à Maubeuge dans le Nord. (Illustration).  (BELLOUMI / MAXPPP)

L'opération a permis de compter le nombre de personnes qui dorment à la rue. Par rapport à l'an dernier, le chiffre est en hausse mais le secteur du recensement a été élargi explique la mairie de Paris. 

La deuxième édition de la Nuit de la Solidarité, qui s'est déroulée dans la nuit du 7 au 8 février et qui consiste à recenser les personnes dormant dans les rues de Paris, a permis de décompter 3 641 sans-abri dans la capitale, annonce lundi 18 mars la mairie de Paris. Un chiffre en hausse car l'an dernier lors de la première édition, 3 035 personnes avaient été recensées. "Nous avons fait l'ensemble des rues de Paris, détaille Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris en charge des Solidarités, et nous avons fait de nouveaux secteurs que nous n'avions pas faits l'an dernier. Les bois, les bords du périphérique et les parcs et jardins".   

Près de 600 personnes vivent dans les gares et stations de métro

Parmi les 3 641 sans-abri recensés, une grande majorité d'hommes : seulement 12% des personnes recensées sont des femmes. En termes d'âge, 40% de ces sans-abri ont entre 40 et 54 ans, 30% entre 25 et 39 ans, 18% entre 55 et 70 ans et 2% plus de 70 ans. 

Dans le détail, 2 246 personnes sans-abri ont été décomptées dans les rues, 639 dans le bois de Vincennes (12e), le Bois de Boulogne (16e) et la Colline (18e), les parcs et jardins et les talus du périphérique, 298 dans les gares, 291 dans les stations de métro, 99 à l’AP-HP, 38 dans les parkings, et 24 personnes ont été recensées par des bénévoles de Paris Habitat. "Aller dans des zones plus cachées a montré plus de 600 personnes", explique l'adjointe à la mairie de Paris. 

Selon Dominique Versini, la population des gens qui dorment à la rue a changé ces dernières années. "Aujourd'hui on a des populations plus jeunes. On ne gère pas de la même façon des personnes plus jeunes, des femmes, des familles avec des enfants. Il faut s'adapter à l'ensemble des dispositifs et ne pas oublier les clochards très désociabilisés qui ne demandent rien et n'appellent jamais le 115", explique-t-elle. 

Le 115 souvent injoignable 

21 400 places d'hébergement sont ouvertes à l'année à Paris. Plus de 3 000 places sont ouvertes en plus pour l'hiver, mais parmi les gens qui dorment à la rue, certains n'appellent pas le 115. "Une grande partie, la moitié, ne l'appelle pas, ne l'appelle plus, parce qu'ils sont découragés par l'attente et par le fait que lorsqu'ils arrivent à joindre le 115 il n'y a pas toujours de place disponible", déplore Dominique Versini. Selon l'adjointe à la mairie de Paris, "le Samu social ne peut plus être uniquement départemental, il doit avoir une gestion métropolitaine ou régionale". 

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