L'objectif "zéro sans-abri" à Paris est "difficilement atteignable", estime une adjointe d'Anne Hidalgo

Des tentes de sans-abris, à Paris, le 7 février 2018.
Des tentes de sans-abris, à Paris, le 7 février 2018. (MAXPPP)

Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris en charge des Solidarités et de la Lutte contre l'exclusion, a expliqué, mardi sur franceinfo, qu'il était difficile d'atteindre un objectif "zéro sans-abri" car certains d'entre eux refusent de quitter la rue.

Plus aucun SDF dans les rues de Paris ? "Il faut se fixer ce genre d'objectif, mais il est difficilement atteignable", a estimé Dominique Versini, mardi 20 mars sur franceinfo. L'adjointe à la mairie de Paris en charge des Solidarités et de la Lutte contre l'exclusion a présenté des résultats affinés du comptage effectué lors de la "Nuit de la solidarité".

Les services de la Ville de Paris et quelque 1 700 bénévoles ont recensé "environ 3 000" sans-abris dans les rues de la capitale entre les 15 et 16 février, indique Dominique Versini. C'est un "chiffre qui semble très important, selon l'adjointe, alors qu'il y avait 19 000 places d'hébergement ouvertes dans la capitale", dont 3 000 places supplémentaires proposées dans le cadre du plan Grand froid.

Les sans-abris se détournent du 115

Ce constat s'explique, selon Dominique Versini, en partie par l'attitude de certains sans-abris qui n'appellent plus le Samu social au 115, "parce qu'il est toujours très occupé, parce qu'ils se sont lassés, parce que les places qui leurs sont proposées ne correspondent plus à leurs besoins". D'après Dominique Versini, "beaucoup d'entre eux sont vraiment insérés dans leur quartier, beaucoup de gens leur parlent et s'occupent d'eux, leur offrent à manger et leur offrent du lien social", ce qui explique qu'ils ne quittent pas la rue.

Neuf sans-abri sur dix recensés sont des hommes. "Cela a toujours été, ainsi mais là, on constate un nombre en augmentation de femmes, de jeunes femmes, et surtout de familles", ajoute Dominique Versini. Sur les 16 000 places d'hébergement proposées toute l'année à Paris, "7 000 le sont pour les familles", précise l'élue. D'après elle, "il faut au moins créer 3 000 places" à Paris, car il demeure "extrêmement difficile de mettre tout le monde à l'abri", notamment car 30, 40 à 60 migrants arrivent chaque jour dans la capitale.

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