Sans-abri : "Nous demandons la fin de la gestion au thermomètre" (Florent Gueguen)

(Florent Gueguen, Président de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) © MaxPPP)

Le grand froid s'installe partout en France. Des températures négatives, surtout dans la moitié Est, jusqu'à -10° ce lundi matin. Pour accueillir les sans-abri, des plans grand froid sont activés un peu partout depuis ce week-end. Mais pour Florent Gueguen, Président de la FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale), cette politique est insuffisante.

Après les chutes de neige ce week-end, une vague de froid touche une grande partie de la France, avec des températures négatives sur la quasi-totalité du territoire. Face à ces conditions extrêmes, des plans grand froid ont été lancés dans plusieurs départements, permettant l'augmentation des capacités d'hébergement des sans domicile fixe. Invité de France Info, Florent Gueguen, président de la FNARS (Fédération Nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale), estime que la mobilisation des autorités est tardive.

 

" Il y a eu un retard à l'allumage. Nous demandons la fin de la gestion au thermomètre de l'hébergement des sans-abri. Cela veut dire qu'il faut ouvrir des places au plus tôt, sans attendre des températures négatives. Quand on attend le dernier moment, on met les personnes en danger." 

 

"Un gros déficit de places d'accueil pour les familles"

 

Selon le président de la FNARS, le nombre de personnes sans-abri rejetées du 115 a doublé depuis novembre 2013. Parmi elles, de plus en plus de familles. "Il y a un gros déficit de places d'accueil, notamment pour les familles, majoritaires parmi les demandeurs au 115. Le parc d'hébergement en France a été conçu pour le modèle classique "SDF homme seul isolé", modèle qui n'est plus prioritaire parmi les appelants au 115 ."

 

Les associations, inquiètes, appellent également à une politique d'hébergement pérenne, au-delà de la gestion d'urgence et des logements de secours. Florent Gueguen dénonce notamment le recours récurrent aux hôtels. "C'est un scandale de politique sociale et économique, l'Etat engouffre environ 200 millions d'euros en 2014 pour l'hébergement hôtelier, alors qu'on sait que les conditions de vie proposées dans ces hôtels sont catastrophiques. Nous redemandons un redéploiement de ces crédits pour ouvrir des centres d'hébergement pérennes avec un accompagnement social et faire plus de logements très sociaux. ."

"Il y a un gros déficit d'accueil notamment pour les familles" Florent Gueguen, Pdt de la FNARS
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