Agression contre des Roms après des rumeurs : deux hommes condamnés à de la prison ferme

Le tribunal de Paris, le 27 mars 2019.
Le tribunal de Paris, le 27 mars 2019. (SUZANNE SHOJAEI / FRANCE-BLEU PARIS)

Le 25 mars, une fausse information accusant des Roms d'avoir enlevé des enfants pour alimenter un trafic d'organes a déclenché plusieurs expéditions punitives en Seine-Saint-Denis.

"Une envie d'en découdre presque bestiale". Trois hommes ont été condamnés mercredi 17 avril à Bobigny (Seine-Saint-Denis) à des peines allant jusqu'à dix mois de prison ferme pour une expédition punitive contre des Roms après des rumeurs sur les réseaux sociaux.

L'un d'eux, accusé d'avoir lâché son chien contre des Roms le soir des faits, a été condamné à six mois de prison ferme et a été écroué car il était en état de récidive légale. Un autre, âgé de 22 ans, a été condamné à dix mois de prison ferme pour avoir roué de coups un Rom alors qu'il était au sol. Un quatrième a été relaxé.

"Là par hasard"

A l'audience, les quatre prévenus ont maintenu leur version : oui, ils étaient là mais "par hasard" et n'ont rien à voir avec les faits. "Je rentrais du travail, j'ai vu des gens, je me suis arrêté par curiosité", dit l'un. La procureure avait requis dix-huit mois de prison, dont huit ferme avec mandat de dépôt à son encontre, dénonçant la réaction "complètement irrationnelle" de jeunes "bien sous tout rapport" qui se retrouvent à commettre des violences "racistes, xénophobes".

Le 25 mars, vers 20h, une soixantaine de personnes munies de pelles, de pierres et de bâtons se sont ruées sur un pavillon habité par des familles roms à Clichy-sous-Bois. Une rumeur raciste circulait sur les réseaux sociaux et prétendait que des Roms, à bord d'une camionnette, enlevaient des enfants en banlieue parisienne. Aucun Rom n'a déposé plainte. Terrorisés, ils ont quitté la ville après l'agression.

Vous êtes à nouveau en ligne