Sevran : discorde autour de tentes installées par la mairie pour le ramadan

Visite de la députée Clémentine Autain à Sevran le 18 mai 2018.
Visite de la députée Clémentine Autain à Sevran le 18 mai 2018. (MAXPPP)

Le maire de Sevran en Seine-Saint-Denis, Stéphane Blanchet, refuse de démonter deux grandes tentes, installées sur le parking d'une cité HLM pour permettre aux musulmans de se retrouver pendant le ramadan. Le bailleur social a obtenu le retrait des tentes auprès du tribunal administratif.

"Il n'y a pas de mosquée digne de ce nom dans le quartier", se justifie Stéphane Blanchet. Le maire de Sevran refuse de démonter deux grandes tentes, installées comme chaque année sur le parking d'une cité HLM, pour permettre aux musulmans de se retrouver et de prier pendant le ramadan, rapporte France Bleu Paris. Le bailleur social a obtenu le retrait des tentes auprès du tribunal administratif.

Le maire reconnaît que la ville n'a pas, comme chaque année, prévenu le bailleur social de l'arrêté qui permet l'installation des tentes, mais regrette cette action en justice. "Je tiens à présenter mes excuses auprès du bailleur et faire en sorte que nous travaillons main dans la main", assure Stéphane Blanchet à France Bleu. Il vient de prendre ses fonctions, après la démission de Stéphane Gatignon qui protestait contre le manque de moyen attribués aux banlieues.

Un risque de trouble à l'ordre public

Stéphane Blanchet a donc pris un nouvel arrêté de réquisition du parking et transmis de nouveaux éléments au tribunal, défendant un risque de trouble à l'ordre public, en cas de retrait des tentes. "Aujourd'hui à Sevran, il n'y a pas de mosquée digne de ce nom dans ce quartier", justifie l'élu "je ne crains pas qu'il y ait des fidèles qui se transforment en émeutiers mais je crains juste qu'on déçoive beaucoup de monde".

Dans le quartier, les quelques fidèles croisés espèrent que les tentes resteront en place. "On est plusieurs centaines de personnes à venir ici" , lâche cet homme, pour qui les tentes "sont très importantes". "Le bailleur fait une grave erreur : pour tous les musulmans le mois du ramadan est un mois de paix, qu'il les laisse en paix" , ajoute Mongi Boubaker, qui habite au Pont Blanc depuis une quarantaine d'années.

"Il ne faut absolument pas les démonter", abonde Jean-Luc Jacquot, président de l'amicale des locataires du Pont-Blanc : "S'ils les démontaient, il risque d'y avoir quelques éléments incontrôlés qui vont vouloir 'mettre le feu' : on va au clash et c'est vraiment gratuit de la part de Logirep".