VIDEO. Assassinat de Samuel Paty : "La République s'affaisse", estime l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

Il dénonce le "clientélisme assumé" de certains pour gagner des élections et reproche à ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre d'instiller "dans la République les ferments de la dislocation de l'antagonisme".

"La République s'affaisse", estime undi 19 octobre sur France Inter l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, après l'assassinat vendredi de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie du collège de Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Un crime identifié comme étant l'œuvre d'un terroriste islamiste.

>> Les dernières informations sur l'enquête après l'assassinat d'un professeur dans les Yvelines dans notre direct.

Également ancien ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve regrette cette fragilisation de l'ordre républicain, qu'il impute à l'inefficacité de certains responsables politiques dans la lutte contre l'islamisme radical.

On voit au moment des élections municipales des élus s'arranger avec les salafistes dans les quartiers, dans un clientélisme assumé pour gagner les élections et les gagner de nouveau une fois qu'on est installé à la tête d'une municipalité.

Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre

à France Inter

Bernard Cazeneuve regrette "des discours ambigus", et le fait de voir "des acteurs politiques, parfois parlementaires, venir expliquer que la police par construction est raciste, que les institutions de la République organisent la discrimination et la relégation à l'encontre d'un certain nombre de citoyens dans notre pays". Selon lui, "on crée les conditions d'une tension extrême, d'une stratégie de la confrontation à l'intérieur de la République. On instille dans la République les ferments de la dislocation de l'antagonisme"

"Un certains nombre de députés Insoumis"

Bernard Cazeneuve ne nomme pas directement les cibles de sa colère, et reste évasif quant à leur appartenance à un parti politique précis. "Ils se reconnaîtront. Je parle d'un certain nombre de députés Insoumis, mais pas seulement". L'ancien Premier ministre affirme avoir vu des "parlementaires manifester contre l'islamophobie aux côtés d'enfants sur les vêtements desquels on avait mis des étoiles jaunes". Lui-même membre du Parti socialiste, l'assure : "Cette gauche-là ne sera jamais la mienne".

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