"Aujourd'hui" le CFCM "n'est pas en capacité" d'être la clé de voûte du plan Macron, juge Christophe Castaner

Le ministre de l\'Intérieur, Christophe Castaner, le 19 février sur France Inter.
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, le 19 février sur France Inter. (FRANCEINTER / RADIOFRANCE)

Au lendemain des annonces faites par Emmanuel Macron pour lutter contre le "séparatisme islamiste", le ministre de l'Intérieur assure être prêt à travailler "aux côtés" du Conseil français du culte musulman.

Lors d'un déplacement à Mulhouse, Emmanuel Macron a annoncé mardi 18 février une série de mesures contre les "influences étrangères" sur l'islam en France. Le président a notamment annoncé que la France allait progressivement cesser d'accueillir des "imams détachés" envoyés par d'autres pays, comme la Turquie et l'Algérie, en augmentant parallèlement le nombre d'imams formés en France.

À la question de savoir si le Conseil français du culte musulman (CFCM) pouvait être la clé de voûte du plan Macron, Christophe Castaner a répondu mercredi 19 février sur France Inter"aujourd'hui non. Je suis assez clair. Je l'ai dis au président. C'est la même chose, je pense d'ailleurs pour la Grande Mosquée de Paris, qui est un acteur important". "Ils ne sont pas dans cette capacité là, aujourd'hui, mais faisons-leur confiance !", a insisté Christophe Castaner.

"Une chance historique" pour le CFCM

"Aujourd'hui ils sont construits sur une référence consulaire, c'est l'influence des pays étrangers qui fait le poids au sein du CFCM mais il y a eu des élections et les élections ont dit un peu l'inverse de l'accord des consulaires", a expliqué le ministre de l'Intérieur. "Le président Mohammed Moussaoui est devenu président du CFCM, a-t-il poursuivi, il a donc une chance historique. Ils doivent s'en emparer et là-dessus je préfère leur faire confiance plutôt que de les dénoncer. Je crois qu'ils ont bien connaissance du rendez-vous historique auquel ils doivent faire face."

Je suis prêt à travailler à leurs côtés, mais pas à leur place.Christophe Castaner, ministre de l'Intérieurà France Inter

"C'est maintenant ou jamais. Soit ils sont capables de reprendre en main tout cela en se posant la question du financement du culte, de la formation des imams, et je suis prêt à travailler à leurs côtés - mais pas à leur place parce que ça n'est pas mon rôle, ni même mon droit en tant que ministre de l'Intérieur - soit effectivement ils vont subir une sorte d'éclatement", prévient le ministre de l'Intérieur.

Le financement du culte est "nécessaire" mais il ne doit pas être public

En ce qui concerne le financement du culte musulman "confronté à un problème religieux car ils n'ont pas le droit de payer des intérêts" [et donc d'emprunter], Christophe Castaner dit ne pas être "hostile" à la proposition du CFCM d'être "propriétaire d'immeubles qui leur sont donnés ou légués" afin d'avoir une ressource de financement. "Ce à quoi je suis hostile, a précisé Christophe Castaner, c'est le financement public d'un culte quel qu'il soit. [...] Il est nécessaire que le culte trouve sa propre ressource pour former les imams, pour payer les imams, pour entretenir son patrimoine et - là-dessus - il faut être ouvert", a ajouté le ministre. "Cette ressource, il peut la trouver sur le financement du hajj, le voyage pour aller à la Mecque, il peut la trouver sur les prélèvements qui sont faits sur le halal mais il est nécessaire que le culte ait des moyens financiers."

Vous êtes à nouveau en ligne