VIDEO. Procès Barbarin en appel : "Ce qui m'intéresse, c'est que demain, des gamins ne vivent pas ce que nous, on a vécu", confie une victime

BRUT

Le cardinal Barbarin est jugé en appel ce 28 novembre pour non-dénonciation des abus sexuels commis par le père Preynat. François Devaux est l'une des victimes présumées de ce prêtre.

"Il y a des gens dans cette institution qui ne se connaissent pas et qui refont exactement la même chose dans des proportions massives et qui nous expliquent qu'ils n'ont pas bien compris la gravité de ce que c'était que la pédophilie."

Depuis 2015, l'association La Parole Libérée réunit des victimes déclarées du Père Preynat. Parmi elles : son président, François Devaux. Pour lui, il est indispensable de faire en sorte que ce système ne permette plus de faire vivre à d'autres enfants ce que lui-même a vécu. "J'ai l'obligation d'agir, sinon, je cautionne, sinon je deviens ce que je dénonce", ajoute-t-il.

Cacher les coupables

Le président de l'association La Parole Libérée rappelle que le père Preynat a "réitéré des actes d'agression sexuelle jusqu'à des faits de viol sur des enfants. Et cet homme-là, en fait, a toujours informé sa hiérarchie de ses déviances sexuelles." Dans une lettre au père d'une victime, le Père Preynat écrivait d'ailleurs : "Je n'ai jamais nié les faits qui me sont reprochés. Ils sont pour moi aussi une blessure dans mon cœur de prêtre." L'association a recueilli plus de 85 témoignages à son sujet. Il a finalement été relevé de ses fonctions en 2015 par le cardinal Barbarin, puis mis en examen, et enfin défroqué en juillet 2019. Mais, pour François Devaux, le problème est de faire perdurer un système qui cache les pédophiles. "Notre société sait assez bien les appréhender, sauf si on les cache, en fait", conclut-il.

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