VIDEO. "Ça ne peut pas exister un dieu qui permet ça" : une victime d'un prêtre pédophile témoigne devant le Vatican

Alessandro Battaglia dit avoir été "abusé" à l'âge de 15 ans. Ce jeune Italien a raconté son histoire à quelques centaines de mètres du Saint-Siège alors qu'un sommet réunissait des centaines d'évêques pour discuter de la pédophilie dans l'Eglise.

"Ce que je veux vous raconter ce soir, c'est l'abus que j'ai vécu." Alors que des évêques du monde entier étaient réunis pour discuter de la pédophilie dans l'Eglise, jeudi 21 février, à Rome pour un sommet historique, plusieurs victimes avaient décidé de faire entendre leur voix, à quelques centaines de mètres du Vatican. Parmi eux, un jeune Italien de 22 ans, Alessandro Battaglia, a livré un témoignage poignant qui a ému l'assemblée.

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Devant les caméras, et notamment celle de l'émission "C Politique" sur France 5, il a raconté avoir été "abusé" à l'âge de 15 ans, "par le prêtre" qu'il considérait "comme le meilleur du monde, à qui je confiais ma vie, à qui je racontais tout".

Je ne crois plus en Dieu car ça ne peut pas exister un dieu qui permet ça.

Alessandro Battaglia

"J'ai grandi dans un environnement catholique, j'ai été scout, enfant de chœur, animateur pendant des camps d'été organisés par l'Eglise, a témoigné Alessandro Battaglia. Ils m'ont pris tout ça, ils ont pris toutes ces années de ma vie." "Nous tous ici, on a fait au moins une tentative de suicide, a-t-il ajouté. Parce qu'on ne peut pas vivre comme ça."

"Je n'ai pas entendu d'excuses"

Il a ensuite évoqué le sommet qui se déroulait au Vatican : "On doit arrêter tout ça, et là derrière ils peuvent le faire", a-t-il lancé en montrant le Saint-Siège. Le pape a finalement promis dimanche "une lutte à tous les niveaux" contre les abus sexuels sur mineurs, des "crimes abominables qui doivent disparaître de la face de la terre". "Aucun abus ne doit jamais être couvert, comme ce fut le cas par le passé, et sous-évalué", a encore dit le pape François.

Pas suffisant pour Alessandro Battaglia. "Je n'ai pas entendu une excuse, rien de concret, rien de juste. Ils sont là à parler d'autodestructions des responsables et des victimes. Mais ce sont eux qui nous ont détruits", a-t-il déploré lors de la conclusion du sommet.

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