Pédophilie dans l'Eglise : des victimes défilent dans les rues de Rome en plein sommet au Vatican

Manifestation de victimes de pédophilie dans l\'Eglise à Rome, le 23 février 2019.
Manifestation de victimes de pédophilie dans l'Eglise à Rome, le 23 février 2019. (VINCENZO PINTO / AFP)

Au troisième jour de la conférence historique sur les actes pédophiles dans l'Eglise, au Vatican, les victimes défilent dans les rues de Rome pour mettre la pression aux autorités religieuses.

Alors que des centaines d'évêques du monde entier sont réunis pour discuter de la pédophilie dans l'Eglise samedi 23 février, au Vatican pour le sommet historique, les victimes et leurs familles défilent sous leurs fenêtres, à Rome. Si l’Eglise reconnaît publiquement ses erreurs, les victimes, dans la rue, veulent que ces conférences aboutissent à du concret.

"Un abus sexuel c’est bien plus qu’une blessure physique"

Dans les rues de la capitale italienne, Alessandro Battaglia se distingue avec son sweat-shirt "Survivant". C'est la victime la plus jeune du rassemblement sur la piazza del Popolo, la place des grandes manifestations à Rome. À 22 ans, le jeune homme se souvient de tout. "J’ai été violé à l’âge de 15 ans par le prêtre. Ce qui me sauve c’est ma famille mais j’ai tenté plusieurs fois de me suicider. Un abus sexuel c’est bien plus qu’une blessure physique."

La mère d’Alessandro explique que six ans après les faits, son fils est encore très fragile. "Au-delà de cette douleur d’avoir un fils dont la vie est ruinée, ce qui nous fait mal c’est la certitude que l’Eglise joue contre nous, regrette cette mère. Par exemple, lors du procès à Milan, le prêtre qui a violé mon fils était défendu par l’avocat du diocèse". 

Les victimes réclament une dénonciation obligatoire des faits

En Italie, les victimes demandent une dénonciation obligatoire des faits d’abus au sein de l’Eglise aux autorités civiles. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Le chemin vers la tolérance zéro sera long. On le pressent déjà. Le discours du Pape dimanche et les actes concrets qui suivront sembleront insuffisants à l’association des victimes. Car la seule prise de conscience du fléau des abus est variable d’un pays à l’autre. Une seule victime d’Afrique manifeste samedi dans les rues de Rome. Ce Congolais a dû dénoncer son agresseur à des kilomètres de chez lui, depuis les États-Unis.

En Afrique, c'est très dangereux de dénoncer son agresseur. Ils ont encore beaucoup de pouvoir. Cela prendra encore quelques années pour que les choses changent. Benjamin Kitoboà franceinfo

Mais la victime congolaise se rassure, "maintenant, ils [les agresseurs sexuels] y penseront à deux fois avant d'agir". La marche des victimes se finit à quelques mètres du Vatican où les évêques débattent des réponses concrètes à apporter aux victimes. Il y règne une autocritique impitoyable. L’Eglise n’est pas tendre à son égard. Samedi matin, le cardinal allemand Marx a notamment reconnu que l’institution avait détruit des dossiers sur des auteurs d’abus sexuels.

Rome : manifestation des victimes de prêtres pédophiles - Reportage de Mathilde Imberty
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