"Les paroisses se vident" : des femmes catholiques dénoncent une Église qui se rigidifie et "tombe en ruines"

Les signataires de la pétition dénoncent une Église qui \"tombe en ruines\".
Les signataires de la pétition dénoncent une Église qui "tombe en ruines". (NINA VALETTE / FRANCE-BLEU CREUSE)

Sept Toulousaines ont lancé une pétition sur internet pour réclamer une ouverture de l'Église catholique, notamment aux jeunes.

Des femmes catholiques ont décidé de lancer une pétition pour faire bouger l’Église. Elles l'ont postée sur Facebook et sur change.org. Ces sept Toulousaines critiquent une Église qui "tombe en ruines", qui se rigidifie, qui a "défiguré le message d’amour et de libération qu’elle est censée annoncer". Elles dénoncent la pédophilie, le double langage des prélats du Vatican qui fustigent l’homosexualité tout en la pratiquant, sans oublier l’abus de religieuses par des clercs. Elles pointent aussi le fait que les femmes laïques sont mises de côté dans leurs paroisses, surtout si elles ont un esprit libre.

Le reportage de Stéphane Iglésis
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Nous vivons dans une Église qui est surtout verticale, faite d'enjeux de pouvoir.Véronique Billardà franceinfo

"Les paroissiens se ressemblent tous, explique Véronique Billard, l'une des signataires. ils ont le même profil, appartiennent à la même catégorie socio-professionnelle, ils ont la même façon de penser. Ils ne parlent que de visions, que de louanges, que d'adoration, que d'esprit sain, que de confessions, que de contritions, que de culpabilisation. C'est un langage qui nous déçoit beaucoup par rapport aux avancées de Vatican II."

"Attirer des jeunes"

Annie Dreuille, autre signataire, souhaite obtenir un lieu ouvert qui puisse attirer vers l’Église des gens qui n’y viennent pas naturellement. "Il faut attirer des jeunes, participer avec d'autres, ouvrir les portes des paroisses, sur le mode des 'fablabs' où l'on voit les jeunes se réunir, pour que naisse quelque chose de nouveau", explique-t-elle. "Les paroisses se vident, nous pouvons proposer quelque chose, si toutefois nous sommes entendus dans notre diocèse."

Notre appel, c'est pour faire du neuf.Annie Dreuilleà franceinfo

Le vicaire général de Toulouse, Hervé Gaignard, déplore cette polémique. Il rappelle que l’Église est ouverte, même s’il reconnaît qu’un mouvement identitaire peut exister. "Il y a une très grande diversité des prêtres, estime-t-il. On peut considérer aussi que dans la société actuelle, il y a des mouvements plus identitaires, plus conservateurs, qui posent la question de la relation hommes-femmes. L'Opus Dei existe dans l'Église, dans notre diocèse, il concerne un certain nombre de laïcs et de prêtres. Par contre, je refuserai le terme d'infiltration, qui me paraît particulièrement malvenu."

Aucune réponse officielle

La pétition mise sur les réseaux sociaux a déjà recueilli environ 400 signatures. Avant de rendre public leur malaise, ces femmes s’étaient adressées notamment à la Conférence des évêques de France et au nonce apostolique. Elles n’ont reçu depuis des mois aucune réponse officielle. 

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