La théologienne Anne Soupa "candidate" à l'archevêché de Lyon pour alerter sur l'invisibilité des femmes dans l'Eglise

Une messe célébrée à Lyon, le 25 mars 2020. 
Une messe célébrée à Lyon, le 25 mars 2020.  (ANTOINE MERLET / HANS LUCAS / AFP)

La bibliste Anne Soupa préside notamment le Comité de la jupe, qui milite depuis 2008 pour une juste reconnaissance des femmes au sein de l'Eglise. 

Anne Soupa, théologienne de 73 ans, bouscule les codes. Dans l'espoir de provoquer une "prise de conscience" devant "l'invisibilité" des femmes dans l'Eglise catholique, cette bibliste a annoncé, lundi 25 mai, se porter candidate à l'archevêché de Lyon, où la place est officiellement vacante depuis la démission du cardinal Philippe Barbarin en mars.

Habituellement, la nomination d'un archevêque n'implique pas de candidature : le pape choisit parmi des noms qui lui sont proposés par le nonce apostolique à Paris, ambassadeur du Saint-Siège. "Je vais envoyer [au nonce à Paris] une profession de foi, un programme pour Lyon, une biographie et un communiqué de presse", a déclaré Anne Soupa à l'AFP. 

Alors qu'aujourd'hui "aucune femme" ne dirige de diocèse, n'est prêtre ou diacre, elle invite, dans sa profession de foi, les femmes "bridées" à "candidater partout où elles se sentent appelées".

Répondre à la "crise très profonde" de l'Eglise

Fondatrice en 2009 de la Conférence catholique des baptisés francophones, un mouvement réformateur qui revendique plusieurs milliers d'adhérents, Anne Soupa n'exerce pas comme religieuse mais revendique un travail de terrain "depuis plus de trente-cinq ans". Elle préside notamment le Comité de la jupe, qui milite depuis 2008 pour une juste reconnaissance des femmes au sein de l'Eglise. Elle est également favorable à un autre type de gouvernance de l'Eglise, où les laïcs auraient un rôle. "Au moment où l'Eglise est dans une crise très profonde, il faut se mettre un autre schéma dans la tête", affirme-t-elle.

Pourquoi Lyon ? La Parisienne, qui a vécu quatre ans à Lyon, souligne les abus "très graves" longtemps étouffés par le diocèse, en référence à l'affaire Preynat, du nom de l'ancien prêtre reconnu coupable d'agressions sexuelles sur de jeunes scouts entre 1971 et 1991, mais qui a fait appel.

Cette affaire, qui a éclaté en 2015, a éclaboussé toute la hiérarchie catholique à travers le cardinal Philippe Barbarin. Condamné l'an dernier pour ses silences sur l'affaire, le prélat a été relaxé en appel mais a démissionné de ses fonctions d'archevêque de Lyon. "L'Eglise reste déchirée, prisonnière de ce cléricalisme", déplore Anne Soupa, qui veut voir dans sa candidature "une main tendue" pour une certaine modernisation.

Vous êtes à nouveau en ligne