L'évêque en charge de la veille sur la pédophilie accusé d'avoir tu des actes commis dans son diocèse

L\'évêque de Pontoise, Stanislas Lalanne, le 21 juillet 2014 sur le perron de l\'Elysée, à Paris.
L'évêque de Pontoise, Stanislas Lalanne, le 21 juillet 2014 sur le perron de l'Elysée, à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Selon France 3 Rhône-Alpes, il a fallu 18 mois à Stanislas Lalanne pour signaler à la justice des actes pédophiles commis dans son diocèse, à Pontoise.

L'Eglise a bien du mal à briser la loi du silence. Selon nos confrères de France 3 Rhône-Alpes, l'évêque de Pontoise (Val-d'Oise) a mis 18 mois à signaler à la justice des actes pédophiles commis dans son propre diocèse. Un délai d'autant plus étonnant que Stanislas Lalanne est en charge de la cellule de veille sur la pédophilie au sein de l'Eglise, une structure créé au début des années 2000 pour inciter les victimes d'abus sexuel commis par des prêtres à se manifester aux autorités.

"Détail troublant", précisent nos confrères, l'évêque a signalé les faits "au lendemain même des nouvelles mesures annoncées par l'Eglise contre la pédophilie". Face aux multiples scandales, l'Eglise catholique de France avait par exemple annoncé, mardi 12 avril, la rénovation de la "cellule de veille" de l'épiscopat sur la pédophilie, transformée en "cellule permanente de lutte contre la pédophilie". Toujours sous la houlette de Stanislas Lalanne.

Des actes commis il y a plus de 30 ans

Selon l'enquête réalisée par nos confrères, l'évêque de Pontoise a reçu fin 2014 la visite d'une femme disant avoir été abusée en 1984 et 1985 par un aumônier de la paroisse de Persan (Val-d'Oise). A l'époque, la victime a moins de 15 ans. En dépit de la gravité des accusations, Stanislas Lalanne ne signale les faits que début mai 2016, révèle France 3 Rhône-Alpes. 

Interrogés par la chaîne, d'autres religieux de la paroisse ont assuré qu'"ils savaient, mais n'ont rien dit". Enfin, si le diocèse a assuré que "l'agresseur présumé a été déplacé dans un économat", France 3 a découvert que "le diacre incriminé participait encore à ce titre à une exposition à Argenteuil voilà seulement trois semaines".

Quant à Stanislas Lalanne, il s'était retrouvé, en avril, au cœur de la polémique : interrogé au sujet des scandales qui gangrennent l'Eglise, Stanislas Lalanne avait assuré que si la pédophilie est "un mal", il ne "saurait pas dire" s'il s'agissait d'un pêché, avant de nuancer ses propos face au tollé. 

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