"J'ai beaucoup changé en quelques années" : les catholiques de Versailles bousculés par les scandales de pédophilie dans l'Église

Plusieurs mères de famille de Versailles ont créé une association d\'écoute de victimes après les différentes affaires de pédophilie dans l\'Église (illustration).
Plusieurs mères de famille de Versailles ont créé une association d'écoute de victimes après les différentes affaires de pédophilie dans l'Église (illustration). (SYLVIE CAMBON / MAXPPP)

Les affaires de pédophilie dans l'Église catholique depuis plusieurs années ont choqué les fidèles et ont ébranlé les milieux les plus conservateurs, comme à Versailles. 

"J'étais un pur produit clérical, je pense qu'on peut dire ça", confie Agnès Galloy, une Versaillaise catholique et mère de quatre enfants. Sur la table basse de son salon, il y a un chapelet et une croix en bois. Un peu plus loin, le magazine Familles chrétiennes, ouvert à la page "Le sexe peut-il mener à Dieu ?".

"Si par exemple, dans ma paroisse un laïc était en opposition au prêtre, forcément je donnais raison au prêtre. Mais j'ai beaucoup changé en quelques années. Aujourd'hui, je réagis différemment. Je ne donne plus au denier du culte. Je redonnerai quand l'Église indemnisera les victimes." Les scandales de pédophilie dans l'Église ont choqué les croyants comme Agnès. Lundi 18 mars, le pape François reçoit le cardinal Barbarin, qui souhaite lui présenter sa démission après sa condamnation à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels du père Preynat.

Des affaires, même au niveau local

Parallèlement à ces dossiers médiatisés, Agnès a vécu aussi, à son niveau, une affaire. Une femme de la paroisse, une amie, a porté plainte contre un prêtre du diocèse qu'elle accuse de viol. Elle le soupçonne aussi d'avoir eu des comportements déplacés avec sa fille de 13 ans. C'est l'isolement de cette femme, le rejet dont elle a fait l'objet à Versailles, qui a motivé Camille de Metz Noblat, mère de cinq enfants, à créer l'association Comme une mère aimante.

Depuis quatre ans, nous sommes passés par tous les états. Il y a eu de la colère vis-à-vis de certains prêtres et évêques, beaucoup d'incompréhension.Camille, une paroissienneà franceinfo

"À Versailles, il y a quand même un milieu très conservateur, qui bouge assez peu. Ce qui est certain, c'est que le sujet des abus sexuels est encore très tabou dans nos paroisses", explique Camille. Aujourd'hui, si les deux femmes disent avoir toujours la foi, elles attendent du renouveau dans la hiérarchie ecclésiale en France, à commencer par le départ de Philippe Barbarin.

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