Etats-Unis : une enquête accuse 300 prêtres catholiques de pédophilie, plus de 1 000 enfants seraient victimes

Un prêtre lors d\'une célébration à Santiago (Chili), le 18 mai 2018.
Un prêtre lors d'une célébration à Santiago (Chili), le 18 mai 2018. (CLAUDIO REYES / AFP)

Selon le rapport, quasiment tous les cas allégués sont prescrits et ne peuvent être poursuivis pénalement.

Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée mardi 14 août a mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres et couverts par l'Eglise catholique de l'Etat, dont auraient été victimes au moins mille enfants. Le rapport évoque des agressions sexuelles sur des enfants de moins de 10 ans.

Le rapport final indique que "quasiment tous les cas" allégués sont aujourd'hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement. Deux prêtres ont néanmoins été inculpés, l'un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010.

Une enquête d'une ampleur inédite

Selon le rapport cité par CNN, six diocèses de Pennsylvanie sont concernés pour des faits commis depuis 1947. Les jurés ont choisi de rendre publics les noms de dizaines d'hommes d'église accusés de pédophilie par des éléments de l'enquête. Ce n'est pas la première fois qu'un jury populaire publie un rapport dévoilant des cas de pédophilie au sein de l'Eglise catholique américaine, mais jamais une enquête n'avait révélé autant de cas.

"Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d'Eglise qui étaient leurs responsables n'ont rien fait. Durant des décennies", écrivent les membres du jury. Les jurés disent "reconnaître que beaucoup de choses ont changé [au sein de l'Eglise catholique] ces quinze dernières années" mais soulignent que les deux inculpations montrent que "les abus d'enfants au sein de l'église n'ont pas disparu".

Le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification des textes de loi pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité, auxquels l'Eglise catholique a eu fréquemment recours d'après l'enquête.

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