Abus sexuels dans l'Église : "Le cardinal Barbarin ne peut plus assumer sa responsabilité d’évêque"

Daniel Duigou, curé de l\'église Saint Merri à Paris. Le 13 mai 2016. 
Daniel Duigou, curé de l'église Saint Merri à Paris. Le 13 mai 2016.  (PH BAVEREL / MAXPPP)

Alors que le cardinal Barbarin sera jugé en janvier prochain pour ne pas avoir dénoncé des agressions pédophiles, le père Daniel Duigou appelle à sa démission. 

"Je pense que le cardinal Barbarin ne peut plus assumer sa responsabilité d’évêque", a déclaré lundi 3 septembre sur franceinfo le Père Daniel Duigou, curé de la paroisse Saint-Merri à Paris. Philippe Barbarin est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Lyon à partir de janvier prochain, pour ne pas avoir dénoncé à la justice des agressions pédophiles.

Si le cardinal Barbarin démissionne cela permettra déjà de "libérer la parole", pour les victimes. Et démissionner permettra au cardinal de "se défendre. Cela ne veut pas dire qu’il s’avoue coupable (...), mais il pourra répondre à la justice en tant que simple citoyen", poursuit Daniel Duigou. 

C’est quelque chose d’abominable, d’écœurant. On a l’impression d’être dans un puits sans fond. C’est un vrai tsunami qui ébranle l‘Eglise et qui va avoir des conséquences considérables sur la gouvernance même de l’ÉgliseDaniel Duigouà franceinfo

Selon le curé de Saint-Merri, "il faut connaître la vérité et sortir d’une impression de structure qui cache, qui ment et qui refuse de dire la vérité". Daniel Duigou appelle à "sortir du Moyen-Âge". D'après lui,"c’est toute une structure qui a participé d’une certaine façon à camoufler les faits, à mentir et peut-être même protéger des hommes dans des pratiques criminelles. Il faut sortir de l'Église pyramidale. Il faut maintenant une coresponsabilité, hommes et femmes et prêtres et laïcs", a assuré le père Daniel Duigou.

La crédibilité de l'Église en jeu 

"Comment voulez-vous que l’Église puisse avoir une parole d’amour avec de telles affaires derrière elle ?", s'interroge t-il. Selon lui, la crédibilité et l'autorité du Pape sont remises en cause alors que François voulait "incarner un autre style de gouvernance". L'affaire Barbarin est une "épine dans le pied de l’épiscopat français", a-t-il conclu.

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