Le Conseil français du culte musulman adopte une "charte de l'imam" face aux discours radicaux

Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman, le 12 décembre 2016 à Paris.
Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman, le 12 décembre 2016 à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

L'objectif est de proclamer "l'attachement des imams de France à l'islam du juste milieu et au pacte républicain".

A moins d'un mois de la présidentielle, le bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM) a adopté, mercredi 29 mars, "une charte de l'imam" pour aider les mosquées à lutter contre les discours radicaux. L'objectif ? Proclamer "l'attachement des imams de France à l'islam du juste milieu et au pacte républicain", écrit l'instance représentative de l'islam en France.

Le CFCM avait exprimé dès l'automne 2015, peu après les attentats du 13 novembre, son intention de proposer une "charte de l'imam". Au-delà des "prêcheurs de haine" directement visés, le gouvernement poussait le CFCM à réagir face à la montée des discours fondamentalistes. Les mosquées seront invitées "à faire de la signature" de cette charte "un élément essentiel à prendre en compte lors du recrutement d'un imam", ajoute le CFCM.

Environ 1 800 imams en France

Mais le projet n'avait pas vraiment pris forme depuis, signe de la difficulté à faire avancer le chantier d'un "islam de France" pour des responsables musulmans souvent divisés, en mal d'image et de représentativité. La mise en place dans la douleur d'un "conseil religieux" du CFCM, qui a examiné le projet de charte, a constitué un préalable indispensable.

La France compte environ 1 800 imams, pour partie à temps partiel non rémunéré, certains itinérants, chargés de conduire la prière dans environ 2 500 mosquées et salles de prière, selon les estimations. Trois cents sont "détachés" par l'Algérie, le Maroc et la Turquie, les principaux pays d'origine des musulmans de France, dans le cadre d'accords entre Paris et ces pays.