Célébrations de l'Aïd el-Kebir : le Conseil français du culte musulman appelle "les personnes vulnérables" à ne pas se joindre aux rassemblements

Un homme prie dans une mosquée à Marseille, dans le contexte d\'épidémie de coronavirus, en mai 2020.
Un homme prie dans une mosquée à Marseille, dans le contexte d'épidémie de coronavirus, en mai 2020. (CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)

Pour limiter les risques de propagation du coronavirus, le président du CFCM appelle à respecter les gestes barrières pendant les célébrations.

"Pour les personnes vulnérables, il est effectivement préférable qu'elles ne se joignent pas aux rassemblements, notamment les prières collectives", a recommandé sur franceinfo vendredi 31 juillet Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), alors que débutent les fêtes de l’Aïd el-Kebir, dans le contexte actuel d'épidémie de coronavirus.

franceinfo : L'Aïd el-Kebir est synonyme de rassemblement entre proches, comment limiter les risques ?

Mohammed Moussaoui : On ne le rappellera jamais assez, il faut la nécessité du port du masque dans les rassemblements, la distanciation physique, le fait de se laver les mains régulièrement avec du gel hydroalcoolique, le fait de ne pas s'embrasser, de ne pas serrer la main. Tant de contraintes qui rendent effectivement la fête un peu difficile dans ce contexte.

Mais je pense que pour se protéger mutuellement, nous devons respecter ces gestes barrières. Pour les personnes vulnérables, il est effectivement préférable qu'elles ne se joignent pas aux rassemblements, notamment les prières collectives. Mais la joie de l'Aïd ne sera pas perdue. Les réflexes peuvent prendre le dessus sur les gestes barrières, nous appelons donc à la plus grande vigilance.

Plusieurs mairies ont ouvert des stades pour organiser des prières collectives. Comprenez-vous le choix de certaines municipalités de ne pas donner cette possibilité aux fidèles ?

C'est une décision difficile à comprendre, dans la mesure où je pense que, pour l'intérêt général, le maire, je pense, peut rendre service à ses administrés. D'autant plus que ça répond aussi à un besoin sanitaire. Après, je pense qu'il n'a pas l'obligation de le faire, mais l'obligation morale de le faire. De nombreuses associations ont réussi à avoir auprès des municipalités des solutions de rechange par rapport à la superficie de leurs lieux de culte.

Parce que, vous savez, dans les grandes villes, les lieux de culte du centre sont pratiquement tous fermés, parce qu'ils ne peuvent pas respecter toutes les consignes que nous avons recommandées. Le Conseil français du culte musulman avait déjà prévenu les mosquées qui ne peuvent pas respecter ces gestes barrières qu’elles n'organisent pas la prière collective ou qu’elles trouvent des solutions auprès des mairies. La prière se fait le premier jour seulement, mais elle peut se faire en plusieurs services. Il suffit simplement d'espacer les services pendant toute la matinée, de telle sorte que les fidèles ne se croisent pas.

Plusieurs abattoirs ont été identifiés comme étant des foyers de contamination ces dernières semaines. Comment limiter les risques alors que, traditionnellement, les musulmans sacrifient un mouton pour l’Aïd ?

Les abattoirs sont avérés comme des clusters [foyers épidémiques] potentiels. Nous avons déjà appelé à ce que les moutons puissent être distribués ou livrés dans des points plus sûrs, notamment lorsqu'il y a des associations qui organisent l'abattage collectif. Ils arrivent à se faire livrer dans leur lieu de prière ou dans les endroits qui ont été réservés au préalable.

Beaucoup d'associations s'organisent de telle sorte, pour qu'il y ait moins d'affluence auprès des abattoirs. L'abattage, il peut se faire sur trois jours, et nous appelons à bénéficier de cette possibilité et surtout à déléguer à des professionnels pour qu'il y ait moins de monde auprès des abattoirs.

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